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Interview
Mutuelle de France-Sud : 2010, année de transition
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La dernière assemblée générale de la Mutuelle de France-Sud (voir Viva n° 250, de décembre 2009) a été l’occasion de larges débats entre les délégués mutualistes. De nombreuses pistes de travail
furent évoquées. Quatre mois plus tard, qu’en est-il sur le terrain ? Questions à Serge Jacquet, président, et Paul Smith, secrétaire général de la mutuelle.
Lors de l’assemblée générale, un carrefour offrait la parole à chacun sur le rapprochement avec Mutuelles Santé Plus. Où en êtes-vous ?
Serge Jacquet :
La Mutuelle de France-Sud et Mutuelles Santé Plus travaillent à leur rapprochement pour créer ensemble une nouvelle mutuelle de France, interprofessionnelle, à l’horizon 2011. Le comité de suivi et d’évaluation, qui s’est réuni fin novembre, a validé les premières orientations et la méthode. Six groupes de travail ont été mis en place, et leurs avancées feront l’objet d’une évaluation à la fin du premier trimestre 2010. Les assemblées générales des deux mutuelles, en juin 2010, seront une étape importante de ce projet.
Paul Smith : Conviction, transparence, confiance et motivation des élus et des salariés sont les maîtres mots de cette construction innovante et ambitieuse. Ce qui nous anime est de sortir des chemins du déjà-vu.
Un autre carrefour travaillait sur le projet santé de la mutuelle. Qu’en est-il ?
P. S. : Un groupe « projet santé » a été constitué. L’objectif est de remettre à plat les besoins de nos mutualistes et d’être en capacité d’y répondre. Lors de sa première réunion, le groupe a examiné le contexte dans lequel il va travailler et la méthodologie pour répondre aux grandes questions qu’il aura à traiter. Ce travail s’effectue dans un contexte bouleversé tant dans le domaine de la santé que du sanitaire.
Le groupe a décidé de mettre en place des auditions tous azimuts : professionnels, mutuelles, salariés, mouvement mutualiste. Et ce, afin d’être le plus pertinent possible sur l’état des lieux. Ce qui nous permettra de rechercher l’innovation et une ambition dans les préconisations – pour nos mutualistes et nos adhérents futurs.
De nombreuses pistes de développement ont été évoquées. Quelles sont celles qui seront privilégiées ?
S. J. : Le développement est l’axe central de toute notre politique. Etre plus fort, plus performant et plus efficace impose d’être plus nombreux, et le travail sur l’adhésion est la priorité donnée aux équipes, élus et opérationnels.
Pour cela, la proximité est renforcée, comme toutes les actions qui permettent d’aller au contact des populations, partout, pour débattre et convaincre de l’intérêt d’adhérer à notre mutuelle.
Vos outils de communication seront-ils revus ?
S. J. : Oui. Nous avons créé une « lettre du délégué » que j’adresserai régulièrement à nos 272 délégués pour les informer, les sensibiliser et les associer à toute la politique de notre mutuelle. Plus que jamais nos délégués ont un rôle essentiel à jouer.
Bien entendu, nous faisons une place importante à Viva, même si nous sommes de ceux qui pensent qu’il faut faire évoluer ce magazine.
Pour être proche de nos adhérents, nous venons d’ouvrir de nouvelles agences, à Aix-en-Provence et Avignon. Nous en avons relooké d’autres, comme celle de Marseille-Castellane… Chaque fois, nous avons pu mesurer combien les adhérents étaient sensibles à notre implantation locale et combien ils avaient besoin de ce lieu de proximité, ouvert et actif, pour toutes les questions de santé.
P. S. : Le développement passe en effet par deux axes fondamentaux : la proximité et la communication autour de la marque, afin que chacun puisse s’identifier à notre devise, « J’y suis je revis ». L’esprit de solidarité doit être au cœur de notre projet, dans un moment où tout vise à l’individualisme et au solitaire. La place de nos adhérents et de nos délégués se trouve renforcée afin de leur permettre d’être les ambassadeurs de notre mutuelle, de ses objectifs et de ses actions. Il ne faut pas oublier que nos sections sont autant de vecteurs de communication de proximité.
La collaboration avec le réseau sanitaire du Grand Conseil, soulignée lors de l’assemblée, sera-t-elle maintenue ?
S. J. : Nous réaffirmons notre attachement au réseau du Grand Conseil de la mutualité, sans ambiguïté… Pour autant, il faut, et nous y sommes prêts, revoir l’organisation de ces œuvres pour que leur rayonnement soit plus efficace encore…
Nous avons actuellement un dossier des plus importants à traiter : celui de nos cliniques mutualistes, qui connaissent une situation très difficile. En même temps, la Fnmf lance un projet intitulé « France hospit-mut », qui semble un beau projet, capable de renforcer l’existence de nos établissements et susceptible de constituer, à terme, un très grand réseau mutualiste…
La Mutuelle de France-Sud a lancé une campagne de pétition sur le « refus des mesures du Plfss 2 010 ». Un acte important ?
S. J. : Notre campagne de pétitions a pour but d’alerter sur les mesures gouvernementales, qui vont inévitablement pénaliser davantage les malades et leurs complémentaires. Un mois après son lancement, nous avons déjà récolté plus de 3 500 signatures… Au-delà du chiffre, cette pétition est un moyen d’aller au contact du plus grand nombre, d’engager le débat et de faire exprimer les avis. L’occasion de dire « stop ! » à cette idée – que veut faire passer le gouvernement – que les mutuelles peuvent payer, car elles auraient des trésors cachés.
P. S. : Cela fait de nombreuses années que des mesures portent atteinte à une protection sociale moderne et solidaire. Ces mesures ont fait la démonstration de leur inefficacité. Ce dont souffre aujourd’hui la protection sociale, c’est du manque de recettes. Il est donc indispensable de repenser celles-ci, afin qu’elles soient plus solidaires, et les abonder en taxant la valeur ajoutée et les produits spéculatifs.
Nos mutualistes doivent savoir qu’ils peuvent compter sur nous pour que la notion de solidarité ne soit pas une idée vaine.
[01.02.10]
François Fillon