Que nous réserve la science ?
2030, des médicaments sur mesure
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En 2030, les traitements sont personnalisés, adaptés
au profil génétique des patients. Mais ce progrès coûte cher et les inégalités d’accès aux soins s’accentuent.
Le bon médicament, à la bonne personne, au bon moment. En 2030, l’humanité est en passe d’accéder à ce rêve jusqu’alors chimérique. La connaissance du génome* a en effet fait faire un grand pas à la médecine et a ouvert la voie à de nouvelles pratiques en matière de soins et de prescriptions.
Parmi elles, la pharmacogénomique, qui permet d’adapter un traitement thérapeutique au profil génétique de son destinataire, a amélioré l’efficience de nos bons vieux médicaments chimiques.
Car un médicament ne réagit pas toujours de la même façon, il peut provoquer des réactions différentes d’une personne à l’autre. La pharmacogénomique aide à déterminer le degré de tolérance du malade à un produit. Il est alors possible d’anticiper les réactions du corps, de choisir tel ou tel remède, de mieux adapter les doses et de limiter les effets secondaires nuisibles ou désagréables pour le patient.
Une approche du soin faite «   sur mesure  ». Et un réel progrès par rapport aux traitements du XXe siècle   : le même comprimé pour toutes les personnes souffrant d’un même mal, le médecin devant apprécier, lors de la consultation, la posologie adaptée à son patient. Une pratique qui n’est pas sans inconvénients, à tel point qu’avant de mettre un médicament sur le marché on devait évaluer la balance bénéfices/risques pour que les premiers l’emportent.
Mais pour bénéficier de ce progrès, le patient doit communiquer son identité génétique à sa caisse de Sécurité sociale et livrer des informations précises sur son mode de vie, son environnement, ses problèmes de santé antérieurs. Une véritable mise à nu qui n’est pas sans poser des problèmes éthiques. De plus, en cas de conduites addictives avérées (tabac, alcool, drogue), la prise en charge des soins devient aléatoire.
Autre revers de la médaille   : l’explosion des coûts. Le développement des médicaments personnalisés entraîne une fragmentation du marché pharmaceutique. Les laboratoires ne peuvent plus compter sur les blockbusters, ces médicaments produits en millions d’exemplaires qui pouvaient dégager un chiffre d’affaires annuel mondial supérieur à 1  milliard de dollars.
Ils mettent en avant d’importants investissements pour justifier des prix faramineux. Résultat   : non seulement la pharmacogénomique ne profite pas aux pays pauvres (à cause de l’insuffisance de leurs ressources), mais, dans les pays riches, les inégalités se creusent. Les plus modestes doivent bien souvent se contenter des traditionnels médicaments chimiques, dont beaucoup, devenus des génériques, sont fabriqués dans des pays à faible coût de main-d’œuvre.
[02.11.09]
Didier Berneau
* Patrimoine génétique d’un être vivant.
L’ère des nanomédicaments arrive
Jusqu’au XVIIIe  siècle, les apothicaires n’avaient à leur disposition que des préparations à base de plantes. Les choses se sont accélérées au XIXe  siècle.
La chimie moderne isole alors les substances des plantes aux vertus curatives, puis les reproduit artificiellement. Grâce à ces progrès, à la découverte de la pénicilline, des maladies autrefois fatales ont été soignées.
Aujourd’hui, on explore la piste des nanomédicaments. L’idée est d’insérer une molécule active dans une minuscule capsule ou un nanotube
de carbone qui, une fois introduit dans l’organisme (par injection ou en comprimé), va se fixer et agir directement sur l’organe malade.
Plus précis qu’une chimiothérapie ou une radiothérapie, les nanomédicaments ont été testés depuis 2003 sur le cancer du cerveau
et de la prostate. Mais des spécialistes s’inquiètent de leur impact sur l’organisme.