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Handicap

30 gendarmes pour expulser un enfant polyhandicapé

Maïté Pinero

Du jamais vu: lundi 3 mai à 21h, une trentaine de policiers et de gendarmes font irruption à l'institut d'éducation motrice (IEM) « Les Jonquilles » de Freyming Merlebach (Moselle).

Munis d’une décision préfectorale d’expulsion, ils emmènent avec eux un jeune polyhandicapé de 15 ans. Choqué et impuissant le personnel soignant assiste à la scène. Dès le lendemain, après une nuit au Centre de Rétention Administrative de Metz, le jeune homme est embarqué de force avec sa famille dans un avion à destination du Kosovo.

Le jeune homme qui était accueilli aux Jonquilles depuis mars 2010 était arrivé clandestinement en France avec ses parents, sa grande sœur et son frère. La famille était accueillie en Centre d’hébergement et de réinsertion sociale, tandis que la Maison des personnes handicapées avait orienté le jeune atteint d’une maladie évolutive vers l’IEM. Une demande de régularisation pour la famille avait été instruite par des travailleurs sociaux.

Le réseau éducation sans frontières (RESF) et l'Association des paralysés de France (APF) soulignent que « toute la procédure d’expulsion avait été organisée à l’avance puis exécutée dans la précipitation afin que l’expulsion passe inaperçue et ne soulève pas des vagues de protestation, légitimes au regard de l’état de santé de l’enfant ».

L’APF et RESF « jugent intolérables la violence et l’inhumanité de cette expulsion. Le dispositif mis en place (30 policiers et gendarmes et 10 véhicules pour emmener un enfant malade ; intervention sans que l’IEM ou la DDASS n’aient été prévenus) s’apparente à de l’intimidation ! La légalité de la procédure d’expulsion qui a été imposée au directeur de la structure ne justifie pas les méthodes employées ! Les parents de l’enfant, sa sœur et son frère avaient été arrêtés quelques heures avant et étaient isolés à l’extérieur dans les véhicules. L’enfant a été emmené, sans comprendre ce qui se passait, avec ses affaires, ses médicaments et son dossier infirmier ».

L’APF, en tant qu’association gestionnaire d’établissements et services, mais aussi en tant que mouvement revendicatif des droits des personnes en situation de handicap et RESF, réseau militant contre l’expulsion des sans-papiers « jugent lamentable l’expulsion de ce jeune polyhandicapé. L’état de santé d’une personne malade et la nécessité de soins quotidiens importants ne peuvent pas passer au second plan, derrière une politique gouvernementale qui consiste à « faire du chiffre » en matière d’expulsions. »
 

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