Social / Baromètre du Secours populaire

39 % des Français ont déjà renoncé à se soigner

Les inégalité de soins restent importantes, montre un sondage commandé par le Secours populaire.

Malgré les progrès de la médecine, les inégalités d’accès aux soins en France restent importantes. Un cadre vit en moyenne 81 ans, un ouvrier 74, un Sdf moins de 50… C’est en partant de cette réalité, et en s’appuyant sur les témoignages de ses bénévoles, que le Secours populaire a publié un hors-série de son magazine Convergence consacré à la pauvreté et à la santé.

« Derrière le pouvoir d’achat, la santé est le deuxième sujet d’inquiétude des Français, explique Julien Lauprêtre, président de l’association. Nous constatons la douloureuse situation de l’accès aux soins. »
« Pour beaucoup de familles, il faut choisir : payer la facture Edf ou le médecin, explique Christophe Auxerre, directeur de la rédaction de Convergence. Nous notons aussi une dégradation de la santé mentale. Quand on n’a rien dans son assiette, comment garder le moral  ? »
L’association pointe aussi les difficultés que rencontrent les personnes précaires en milieu rural : « Avec la hausse du coût de l’essence, s’il faut faire 40 kilomètres pour se rendre chez le médecin, les patients renoncent. »

Le Secours populaire a commandé à Ipsos un baromètre de la pauvreté. Pessimistes, 85 % des personnes interrogées estiment que leurs enfants ont plus de risques qu’eux-mêmes de connaître la pauvreté.
39 % ont déjà retardé au moins un soin, ou y ont renoncé, en raison de son coût. Pour 31 %, il s’agit de l’achat de prothèses dentaires (38 % des foyers gagnant moins de 1 200 euros par mois et 23 % de ceux qui perçoivent plus de 3 000 euros), pour 29 %, de lunettes ou de lentilles (respectivement 40 % et 20 %), pour 24 %, d’une consultation chez un spécialiste, pour 18 %, de l’achat de médicaments et pour 14 %, d’une consultation chez un généraliste. 17 % ont aussi renoncé à un soin en raison de l’éloignement.
Un sondage qui rejoint le baromètre AG2R la Mondiale, lequel fait état de 55 % de Français considérant que la santé occupe une place importante dans leurs dépenses, 86 % estimant que les frais de santé sont de moins en moins bien remboursés.

Avec l’instauration des franchises, une personne sur cinq dit avoir modifié sa consommation en matière de santé (31 % pour les bas revenus et 9 % chez les plus aisés).
Vous pouvez acheter le hors-­série Alerte pauvreté dans l’une des 4 000 antennes du Secours populaire ou le commander par Internet : www.secourspopulaire.fr. En vente au prix de 5 euros.

 

-  [05.11.08]   Anne-Marie Thomazeau

envoyer l'article par mail      (1 msg)

 

Décryptage

Pourra-t-on continuer à se soigner  ?

Avec la création de la Sécurité sociale, en 1945, nous nous sommes dotés d’un système de protection sociale à vocation universelle. Mais aujourd’hui, de nombreux Français ne peuvent plus se soigner. Les raisons sont financières, mais pas seulement. (...)  [01.02.12] • Réagir

Tous les décryptages

à lire sur le même thème

Exclusion

 Bruno Voyer : une voix pour les malades sans toit

Depuis que son fils, maniaco-dépressif, a passé plusieurs mois à la rue, il se bat au sein d’une (...)  [01.02.12]

 Accueillir et soigner les grands précaires

Midi, un jour de janvier. La halte santé s’anime. La pièce principale, où la table est dressée, (...)  [01.02.12]

 Illettrisme : la lutte des classes

Plus de 3  millions de personnes en France ne savent ni lire ni écrire, bien qu’elles aient été (...)  [01.02.12]

 A Marseille, Edf veut aider la lutte contre la précarité énergétique

Le 27 janvier dernier, Edf a réuni tous les acteurs de la solidarité à Marseille pour la deuxième (...)  [30.01.12]

 L’Accorderie, troc solidaire des quartiers populaires

Déjà 150 membres et une cinquantaine de personnes sur liste d’attente. “Il faut attendre trois (...)  [27.01.12]

Appel à témoins

Les fiches

 Fiches santé

 Fiches droits

 Fiches alimentation