jeudi 17 mai 2012
L’hôpital de Lavaur, dans le Tarn, est dans le collimateur du rapport Larcher. Et ce, après le rapport Vallancien et l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) qui ont déjà préconisé la fermeture du service de chirurgie dans le cadre d’un rapprochement avec le Chu de Toulouse.
« Certes, comme les deux tiers des hôpitaux publics français, celui de Lavaur se trouve en situation difficile. Mais nous refusons de voir notre hôpital de proximité se transformer en centre de soins dédié à la prise en charge des personnes âgées, éventuellement accompagné par des soins de suite », défend le comité de défense de l’hôpital de Lavaur, qui réunit des personnels, des syndicats, des usagers, des élus, des médecins généralistes et d’autres professionnels de santé.
Ce collectif a élaboré une motion en ce sens à destination d’une soixantaine de communes du canton de Lavaur et des cantons limitrophes, afin que ces dernières la soumettent au vote.
Ce qui a fait récemment monter la tension d’un cran, et incité le comité à organiser une conférence de presse le 11 juillet dernier, c’est la position récente du maire UMP de Lavaur, président (de droit) du conseil d’administration de l’hôpital.
« Non seulement Bernard Carayon n’a pas écouté le personnel venu exprimer son malaise et ses inquiétudes devant le conseil d’administration, le 3 juillet dernier, mais en plus il n’a pas infirmé la fermeture du service de chirurgie conventionnelle. Et ce, alors même qu’il avait bâti sa campagne électorale pour la défense de la chirurgie et même son développement avec de la chirurgie ambulatoire et l’arrivée d’un scanner », s’insurge Anne-Marie Likiernik, conseillère régionale de Midi-Pyrénées et membre du conseil d’administration, qui ajoute : « il ne nous a pas laissé prendre la parole, pas plus qu’il n’a l’intention de soumettre la motion au vote de son conseil municipal ! ».
Parmi les arguments avancés pour la fermeture de la chirurgie : un budget en déficit, des problèmes de recrutement de certains spécialistes et la « trop grande » proximité de Toulouse.
A l’inverse, le comité de défense justifie le maintien du service de chirurgie conventionnelle par la croissance de ce bassin de 50 000 habitants. Pour preuve, la maternité vouée à disparaître voilà quelques années affiche un nombre d’accouchements en constante progression : 600 en 2007 et probablement 1 000 bientôt. « Mais si la chirurgie ferme, la maternité aussi, à terme, si on ne peut plus pratiquer de césarienne ! Idem pour la réanimation et les urgences. Cela va à l’encontre de toute logique économique, écologique et sanitaire. Les gens devront se déplacer toujours plus ou renoncer aux soins, ce qui à terme coûtera plus cher ! », argue Patrick Estrade délégué Cgt de l’hôpital.
« Actuellement, la coopération existe déjà avec le Chu de Toulouse. L’hôpital de Lavaur ne pratique pas des actes très techniques mais de la « petite » chirurgie, notamment liée au vieillissement de la population : fractures, hernies, côlon, prothèses de hanche et de genou, appendicites, vésicule biliaire etc. L’hôpital de proximité permet de faire de la prévention et des soins précoces. S’il faut se déplacer, beaucoup de personnes âgées, notamment, ne consulteront plus et leur mal s’aggravera. En outre, ça générera de nombreux transports en urgence », craint Jeannette Denuc, médecin généraliste, ancienne présidente du comité de défense.
« Pour le comité, la question du service public de santé se situe dans le cadre plus large de la disparition des services publics, y compris quand sur un territoire qui n’est pas en proie à la désertification rurale. Elle est également la déclinaison locale d’un mouvement national et mondial de privatisation de la santé, au mépris de l’aménagement du territoire », conclut Bernard Cottaz-Cordier, président du comité de défense.
[16.07.08]
Karine Pollet
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