jeudi 9 février 2012
Mutuelles Santé plus • Site Web
La commission de secours de Mutuelles Santé Plus traite de plus en plus de dossiers. Sans elle, de nombreux mutualistes se verraient obligés de renoncer à certains soins.
Bureau de Virginie Pètre, conseillère de vie mutualiste de Mutuelles Santé Plus, à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain. « Non, vous ne m’avez pas dérangée. Ça me fait vraiment plaisir que vous m’appeliez et, vous savez, c’est mon travail. » C’est la réponse qu’elle donne au téléphone à son interlocutrice, qui vient de la remercier de l’aide accordée par la commission de secours de Mutuelles Santé Plus pour le règlement d’une dépense de soins trop importante pour elle.
« Depuis deux ans, nous avons incontestablement une augmentation des demandes, constate Virginie, soit à l’initiative des mutualistes eux-mêmes, soit par l’intermédiaire de travailleurs sociaux. » C’est elle qui prépare, pour les commissions de secours des sections de l’Ain, de Bourgogne et de Haute-Savoie, les dossiers qui permettront de déterminer le montant des aides possibles en fonction des revenus et d’autres critères établis selon des règles précises.
Confidentialité de rigueur
« Depuis cette année, on observe que les montants sollicités sont plus importants, de l’ordre de 1 000 euros contre 500 ou 600 auparavant », ajoute Jean-Marc Seguin, président de la commission de secours dans l’Ain. Avec les délégués mutualistes de la commission, il examine tous les deux mois six à huit dossiers.
Auparavant, Virginie s’est assurée que tous les organismes qui pouvaient intervenir avaient bien été contactés. « Nous nous retrouvons naturellement dans les mêmes réseaux et nous travaillons en confiance », souligne-t-elle. Une fois que toutes les autres possibilités d’aides ont été exploitées, la commission mutualiste de secours donne sa décision en toute confidentialité.
« Cela va de soi », poursuit Jean-Marc Seguin, en constatant que les demandes concernent, pour une bonne part, des soins dentaires.
« A l’examen de ces dossiers, force est de constater que de plus en plus de prestations médicales sont mal prises en compte par la Sécurité sociale. » Sait-on, par exemple, que certains traitements de l’anorexie nécessitent une chambre individuelle pendant plusieurs mois, mais que sa prise en charge ne concernera que quelques semaines ?
Par ailleurs, on constate aussi, à l’examen des devis présentés, qu’il y a de très gros écarts pour des prestations identiques, notamment dans le domaine dentaire. « Comme elles sont très peu remboursées, il y a peu de moyens d’intervention auprès des professionnels. »
Reste cependant qu’à ce rythme le pourcentage de 0,2 % des cotisations mutualistes consacré à ces aides pourrait ne plus permettre de satisfaire des demandes, dont on sait qu’elles constituent aussi des démarches psychologiquement difficiles pour ceux qui les engagent.
In fine, l’existence même des commissions mutualistes de secours démontre, s’il le fallait, que l’argent reste un facteur important d’inégalité dans l’accès aux soins.
[03.09.10]
Romain Hugon
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