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Annie, Françoise et les autres... formées pour bien informer

Les campagnes publicitaires, les slogans, les images chocs ne suffisent pas à convaincre toutes les femmes concernées de participer au dépistage organisé, affirme Nathalie Celli, présidente du comité féminin de Corse1. Notre rôle est de les persuader qu’il est indispensable, après 50 ans, de pratiquer des examens afin de s’assurer qu’on est en bonne santé. Il faut que nous soyons capables d’expliquer, par exemple, pourquoi il faut passer un test de dépistage tous les deux ans ou quels sont les avantages de la double lecture des clichés. »

Annie, Françoise, Jeanine et les autres bénévoles qui animent depuis peu le comité féminin en Haute-Corse sont désormais mieux informées et mieux armées pour convaincre. Au mois de juin dernier, elles ont en effet toutes participé à la « Formation sur le dépistage organisé des cancers » qui s’est déroulée dans les locaux de la Mutualité française de Haute-Corse, à l’initiative de la Mutuelle familiale de la Corse.

Cette formation, courte mais dense, a été élaborée à partir des travaux et de l’expérience de terrain de la Fédération des comités féminins pour le dépistage des cancers, de la Mutualité française Ile-de-France et du centre de ressources en prévention des Mutuelles de France.
Josiane Gautier, chargée de coordination et de projets au sein de ce dernier, Carole Hazé, responsable du secteur prévention de la Fédération des mutuelles de France (Fmf), et Monique de Saint-Jean, membre du bureau de la Fédération des comités féminins et présidente du comité féminin d’Ille-et-Vilaine, l’ont animée avec Dominique Mezzadri, médecin coordinateur de l’Arcodeca (Association régionale corse de dépistage des cancers) 2.

Ce dernier a au préalable défini le cadre général du dépistage organisé avant de passer au crible les programmes de dépistage, essentiellement ceux concernant le cancer du sein et le cancer colo-rectal : données chiffrées, déroulement en pratique, avantages pour la population, messages clés de prévention… bref, toutes les connaissances nécessaires pour que les stagiaires puissent être à l’aise quand elles en parlent et devenir ainsi de véritables acteurs de terrain de la promotion du dépistage.
Un film vidéo réalisé par les comités féminins et projeté au cours de la formation a mis en lumière les blocages et les réticences face au dépistage, tels que le manque d’information, le manque de temps, la peur du résultat… « Les raisons d’échapper au dépistage sont nombreuses, souligne Monique de Saint-Jean. Qu’ils soient matériels, psychologiques ou culturels, nous devons repérer ces freins afin de pouvoir adapter notre discours, avancer les bons arguments. »

En fin de formation, les stagiaires ont fait un rapide tour d’horizon des différentes actions que le comité corse envisage de mener : café santé, stand dans des foires ou des manifestations sportives, intervention dans des entreprises, conférences, réunions publiques…

« Nous organiserons plusieurs actions, notamment dans le cadre d’“Octobre rose”, précise Nathalie Celli, mais faire partie du comité féminin, c’est agir au quotidien, par exemple en parlant de la mammographie à une voisine ou en présentant les documents de l’Inca [Institut national du cancer] et les tests à une collègue de travail. Tous les moyens et tous les moments sont bons pour faire reculer le cancer. »

  • 1. Comité féminin de Corse pour
    le dépistage des cancers : c/o Mutuelle familiale de la Corse, rue Comte-Bacciochi, 20000 Ajaccio. Tél. 06 81 72 03 53
    et 04 95 26 46 22.
  • 2. Arcodeca : antenne de Bastia, 25 ter, rue Luce-de-Casabianca, tél. 04 95 34 56 78 ; antenne d’Ajaccio, 7, rue des Halles,
    tél. 04 95 73 10 03.

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