jeudi 17 mai 2012
Bon à savoir
Les antidépresseurs soignent la dépression nerveuse. Ils peuvent être prescrits par un généraliste ou par un psychiatre. La dépression doit être traitée sinon elle risque de devenir chronique. Au début, certains antidépresseurs peuvent lever les inhibitions : c’est pourquoi leur prescription doit être strictement encadrée par le médecin, notamment en cas d’idées suicidaires.
On considère qu’ils sont utiles quand le patient souffre d’au moins cinq des symptômes suivants pendant quinze jours : troubles de l’humeur, tristesse, perte d’intérêt pour les activités quotidiennes, angoisse, sentiment de culpabilité et de dévalorisation, difficultés à se concentrer et à prendre des décisions, fatigue, mal au dos, douleurs diverses inexpliquées, troubles de l’appétit avec perte ou gain de poids, insomnie ou hypersomnie, repli sur soi, idées noires ou suicidaires...
Les antidépresseurs améliorent la communication entre les neurones en agissant sur les neuromédiateurs. Certaines molécules calment, d’autres stimulent.
Les plus récentes et les plus utilisées appartiennent à la famille des « inhibiteurs de la recapture de la sérotonine », tels Prozac, Deroxat, etc. Durant les premiers jours, le traitement entraîne souvent des effets indésirables : bouche sèche, nausées, maux de tête, agitation, tremblements, constipation...
Si ces effets perdurent après une semaine de traitement, il faut retourner consulter. Les symptômes ne disparaissent pas tout de suite : compter trois semaines pour commencer à aller mieux. En cas de dépression légère, il existe un antidépresseur homéopathique, le Mildac, qui peut être mieux supporté.
Oui, à condition de ne pas suspendre brutalement le traitement, et de le faire sur avis médical. Le sevrage peut s’accompagner de la réapparition de quelques symptômes qui disparaissent très vite.
La durée du traitement ne doit pas être inférieure à six mois, c’est le minimum pour éviter une rechute. En cas de récidive, il sera reconduit pendant six mois supplémentaires.
Contrairement aux anxiolytiques (type Lexomil), qui contiennent des benzodiazépines, les antidépresseurs ne provoquent pas d’accoutumance. Mais, s’ils sont nécessaires pour traverser un moment difficile et retrouver le moral, ils ne sont pas toujours suffisants. Une psychothérapie est recommandée si l’on veut comprendre pourquoi on a sombré et apprendre à connaître ses limites.
En 2005, à la suite de comportements suicidaires chez des adolescents sous antidépresseurs, l’Agence européenne du médicament a déconseillé d’en prescrire aux enfants et adolescents.
Un avis partiel puisque, depuis le 1er juin 2006, la même agence autorise la prescription de Prozac à partir de 8 ans, sous certaines conditions.
Cette décision, qui s’applique à tous les pays de l’UE, est entrée en vigueur fin 2006. Toutefois, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) rappelle que la psychothérapie doit rester le traitement de première intention chez les enfants dépressifs.
Si elle ne suffit pas, en cas de dépression majeure, l’administration d’un antidépresseur peut être envisagée, à condition que l’enfant soit rigoureusement surveillé par le médecin afin d’éviter tout passage à l’acte. En France, 40 000 jeunes de moins de 18 ans sont sous antidépresseurs.-
[02.02.07]
Brigitte Bègue
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