jeudi 9 février 2012
Dix ans aprés la première plainte, le ministère de la Santé reconnaît la responsabilité du Comptoir des matériaux et des matières premières dans les cas de cancers apparus dans les alentours. C’est la premières reconnaissance des cas de cancers envronnementaux.
Enfin. Il aura fallu dix ans aux riverains de l’usine de broyage d’amiante suée à Aulnay-sous-bois (Seine-Saint-Denis) pour faire reconnaître les cas de cancers que son activité a causé chez les habitants des alentours. En effet, dix ans après le dépôt de la première plainte (1997), le ministère de la Santé a annoncé dans un communiqué du 20 octobre que onze cas de maladies liées à l’amiante (dont quatre cas de cancers de la plèvre) peuvent « être rattachés de façon totale ou partielle » à l’activité du comptoir des matériaux et des matières premières (Cmpp). Ouverte en 1938 à proximité immédiate d’une école, de plusieurs commerces, de tout un quartier, quasi immédiatement dénoncée par voie de pétitions pour ses nuisances l’usine n’a fermé qu’en 1975.
En 1997, Nicole et Gérard Voide, soeur et beau-frère de Pierre Léonard mort d’un mésothéliome, portent plainte. Cinq ans de recherche pour tenter de comprendre comment Pierre Léonard avait pu contracter un cancer de l’amiante, les avaient menés jusqu’à l’usine d’amiante. En septembre 2000, Viva relate leur longue enquête et surtout les multiples obstacles rencontrés pour obtenir des informations. Ce sont eux qui ont ensuite alerté et réuni les résidents, créé une association qui a multiplié les démarches, recensé les personnes malades. Les riverains de l’usine ont ainsi obtenu la réalisation de trois études dont celle rendue publique le 19 octobre. Elle a été menée auprès des cas signalés par l’association, de ceux identifiés par le Programme national de surveillance du mésothèliome et de ceux réunis par le juge d’instruction.
Le combat des riverains voit son aboutissement avec la mise en ligne sur le site de l’institut de veille sanitaire (InVs) d’une étude de santé publique qui a permis d’identifier au total vingt et un cas de mésothéliome, un cas de plaque pleurale, un cas d’asbestose : « sur ces cas on retrouve une exposition exclusivement environnementale ou mixte... l’alerte lancée par les associations était donc vérifiée » conclut l’étude. Cette publication est aussi une première. C’est en effet, la première fois en France que « des cas strictement environnementaux de contamination par l’amiante sont mis en évidence dans le voisinage d’une ancienne usine ».
Le ministère a mis en place un numéro de télephone pour permettre aux personnes ayant vécu à proximité de l’usine entre 1938 et 1975 d’obtenir des informations. Le communiqué rappelle que toute personne victime d’une pathologie liée à l’amiante (et leurs ayants droits) « peut déposer une demande de réparation auprès du Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante ».
[22.10.07]
Maïté Pinero
Plus de renseignements sur : www.sante.gouv.fr
Numéro vert : 0800 13 00 00
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