jeudi 9 février 2012
Entre 50 et 74 ans, chaque femme a droit à une mammographie gratuite tous les deux ans. Quand vous recevez la convocation (par courrier à votre domicile), vous avez six mois pour prendre rendez-vous. Le dépistage organisé commence à l’âge de 50 ans car près de la moitié des cancers du sein sont décelés entre 50 et 69 ans. En dessous de cet âge, les risques sont moins importants et les seins sont plus denses, il est donc plus difficile d’interpréter les radios. Néanmoins, des voix s’élèvent pour que le dépistage débute dès 40 ans. Si vous avez des prédispositions génétiques faites le dépistage bien plus tôt : dès 20 ans pour la palpation, puis à 30 ans pour la première mammographie.
La mammographie est une radio des seins. Elle s’effectue chez le radiologue que vous aurez choisi sur une liste de spécialistes agréés que vous aurez reçue avec la convocation. Après un petit questionnaire et un examen clinique des seins, il prendra deux clichés par sein : un de face et un de profil. Le sein est comprimé entre deux plaques, ce qui peut provoquer quelques douleurs, mais en général ça ne fait pas mal.
Les femmes qui participent au dépistage organisé ont affaire à des professionnels expérimentés, qui continuent régulièrement à se former et qui ont l’habitude de lire des mammographies. Le matériel de radiologie est également très contrôlé. Actuellement, les clichés sont tous réalisés en analogique, les images numériques n’ayant pas fait la preuve de leur supériorité pour le dépistage généralisé.
Les résultats de la mammographie vous sont donnés immédiatement. Mais, par prudence, tout cliché négatif est relu par un radiologue spécialisé. Cette double lecture est une sécurité pour les femmes car elle permet de détecter 8 % de cancers supplémentaires, une garantie qui n’existe pas forcément dans le dépistage individuel. Si tout va bien, le dépistage s’arrête là.
Un compte rendu sera envoyé à votre médecin traitant ou à votre gynécologue dans les quinze jours qui suivent. Vous n’aurez plus qu’à attendre votre prochaine convocation. Entre-temps, n’hésitez pas à faire examiner vos seins au moins une fois par an par le médecin qui vous suit.
Si une anomalie est repérée, le radiologue vous invitera à passer une échographie. En cas de problème, vous devrez faire des examens complémentaires : cytoponction guidée (des cellules sont aspirées à l’aide d’une aiguille à l’endroit où la lésion a été repérée) ou biopsie (des fragments de tissus du sein sont prélevés après une petite anesthésie locale).
A l’issue de ce bilan, s’il n’y a rien d’inquiétant, vos clichés seront soumis à une seconde lecture. Les résultats seront communiqués à votre médecin. Si une tumeur cancéreuse est détectée, vous serez prise en charge le plus rapidement possible via votre médecin traitant, qui vous orientera vers un chirurgien.
La mammographie est gratuite, son coût est directement pris en charge par la Sécurité sociale. En revanche, si des examens complémentaires doivent être pratiqués, une échographie par exemple, vous devrez faire l’avance des frais et serez remboursée ensuite. A titre indicatif, cet examen coûte 41,58 € en secteur 1 conventionné.
Lire aussi : Contre le cancer du sein : profitez du dépistage
Dépistage du cancer du sein : sur le marché, à Rennes, il faut convaincre les femmes
Pourquoi tant de cancers ?
Cancers du côlon, de la prostate..., on peut les dépister aussi
[05.10.06]
Brigitte Bègue
N’oubliez pas la palpation
La palpation peut permettre de détecter une boule suspecte dans le sein. Elle fait donc aussi partie du dépistage et doit être pratiquée au moins une fois par an par votre médecin traitant ou votre gynécologue. S’il ne le fait pas, demandez-le-lui. Vous pouvez également vous examiner les seins vous-même, mais ils contiennent souvent de petites boules graisseuses et vous risquez de vous affoler pour rien. Demandez à votre médecin de vous montrer comment faire. N’hésitez pas à bien observer vos seins, quand vous êtes devant un miroir ou sous la douche par exemple : tout changement de forme, d’aspect, de couleur, un écoulement ou une rétraction du mamelon doivent vous inciter à consulter. Les zones qu’il faut surveiller de près sont le quadrant externe supérieur du sein (la moitié des cancers se développent à cet endroit) et la partie inférieure du mamelon (18 % des cancers).
Monique de Saint-Jean,présidente de la Fédération des comités féminins pour le dépistage des cancers.
Monique de Saint-Jean n’aime pas l’exclusion : « Si j’incite quelques femmes à participer au dépistage et que, grâce à ça, quelques vies sont sauvées, je suis contente. C’est tout. » Responsable mutualiste, c’est quand ses deux belles-sœurs meurent à dix mois d’intervalle d’un cancer du sein que Monique a le déclic. Elle multiplie alors les pétitions pour l’organisation d’un dépistage de masse proposé à toutes les femmes parce que, « faute d’informations ou de moyens, beaucoup d’entre elles ne sont pas suivies par un médecin ». En 1997, elle crée un comité féminin composé de bénévoles, comme elle, pour s’adresser aux femmes. Car elle sait bien que c’est par la proximité qu’on arrivera à les sensibiliser aux questions concernant leur santé. Sur le terrain, au marché, au travail, dans les associations, les quartiers… « Les femmes nous confient des choses qu’elles n’osent pas dire aux médecins », dit-elle. Il existe aujourd’hui une trentaine de comités féminins*, dont Monique est la présidente nationale. Devenue une interlocutrice privilégiée des pouvoirs publics, auprès desquels elle fait remonter les remarques des femmes, elle se bat pour que le dépistage commence dès 40 ans et que les femmes n’aient rien à débourser si des examens complémentaires, comme l’échographie, sont demandés après la mammographie. « Le sentiment d’être utile, oui, ça me plaît », dit-elle.Paris.
Contact : Fédération des comités féminins,
16, bd Saint-Germain, 75005 Paris. Tél. 0 871 59 42 23.
Site Internet :
http://www.comitesdepistagecancers.fr
Mail : federationcomitesfeminins@wanadoo.fr
Le 9 octobre à 9 heures, les comités féminins organisent au Sénat un colloque sur le dépistage du cancer du sein. Entrée libre et gratuite. Palais du Luxembourg, 15 ter, rue de Vaugirard, 75006
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