Combats et inquiétudes d’un cheminot engagé
Les unions territoriales (UT) – nouvelles entités remplaçant les unions départementales – de la Nièvre et de Côte-d’Or-Yonne de la Mutualité française ont décidé de fusionner lors de leurs dernières AG respectives, en juin 2011.
André Large (Mutuelle Entrain), président de l’Union territoriale de la Mutualité française de la Nièvre Ssam*, a œuvré pour cette fusion, devenue effective en ce début d’année. « Afin de répondre aux besoins de santé de la population, nous devions développer de plus en plus de projets de création de structures. Il devenait difficile – au regard de la cohésion du territoire bourguignon – de porter ces projets seuls », explique l’ancien président de la Mutualité de la Nièvre.
La nouvelle entité, baptisée Mutualité française bourguignonne Ssam, emploie quelque 4 200 personnes et devient la première entreprise de l’économie sociale et solidaire de la Région.
Michel Martin, président de l’UT de Côte-d’Or-Yonne, en est le président et André Large, le vice-président. Ce dernier, lors de l’inauguration à Cosne-sur-Loire (Nièvre) d’une nouvelle agence et de nouveaux services (notamment un service de garde d’enfants à domicile), a déclaré : « La crise majeure de notre système de protection sociale est le fruit de choix politiques. » Des choix politiques auxquels il se heurte aussi au sein de la conférence territoriale de la Nièvre, dont il est membre
du bureau. C’est en tant que représentant du comité départemental des retraités et personnes âgées (Coderpa) qu’il siège à cette instance consultative de l’agence régionale de santé (Ars).
Après les premiers mois de fonctionnement de cette instance, il nous fait part de son sentiment : « La question du financement des initiatives et structures de santé ne semble pas réglée, et les territoires, a priori, ne devraient pas avoir de réel pouvoir dans le domaine. Ces conférences pourront-elles être autre chose que de simples chambres d’enregistrement des décisions prises au sommet [l’Etat ou les directions des Ars] ? »
Les restrictions budgétaires frappent tous les secteurs d’activité. « Notre Maison de la prévention et accès aux soins (Mpas) suit 240 jeunes. La Mutualité française, pour sa gestion, reçoit un financement au titre de la politique de la Ville. Celui-ci va diminuer. Si aucun lien n’est fait entre les ministères concernés (ici, avec celui de la Santé), que vont devenir cette structure et les jeunes qu’elle accueille ? » s’inquiète André Large.
[01.02.12]
Anne-Marie Boulet
* Services de soins et d’accompagnement mutualistes.