lundi 21 mai 2012
Alors que la proposition d’une nouvelle réglementation des pesticides formulée en septembre dernier par la Commission de Bruxelles avait soulevé un tollé du coté des associations de protection de l’environnement, un compromis aurait été trouvé dans la nuit de Mercredi 17 au Jeudi 18 décembre avec les députés.
Le Parlement de Strasbourg examinera ce texte en janvier avant que le Conseil ne l’adopte formellement.
Le compromis porte sur deux textes législatifs : le règlement sur la production et l’autorisation des pesticides et la directive relative à l’utilisation durable de ces produits.
Voici les éléments clés du règlement sur la production et l’autorisation des produits phytosanitaires, qui résultent des négociations :
une liste positive de "substances actives" (les ingrédients chimiques des pesticides) sera établie à l’échelle de l’UE. Les pesticides seront ensuite autorisés au niveau national sur la base de cette liste ;
certaines substances hautement toxiques (notamment celles qui sont génotoxiques, carcinogènes ou toxiques pour la reproduction), seront interdites à moins que leurs effets soient négligeables en pratique.
les substances ayant des effets neurotoxiques pendant la croissance, immunotoxiques ou perturbatrices du système endocrinien, seront interdites si elles sont considérées comme posant un "risque significatif" ;
si une substance est nécessaire pour combattre une menace sérieuse à la santé des plantes, elle pourra être approuvée pour une période de 5 ans même si elle ne remplit pas les critères de sécurité ;
les produits contenant des substances dangereuses devront être remplacés si des alternatives plus sûres existent. Les députés ont obtenu un délai plus court pour leur remplacement, soit trois ans au lieu de cinq ;
les Etats membres pourront autoriser des produits phytosanitaires au niveau national ou via la reconnaissance mutuelle. L’UE sera divisée en trois zones (nord, centre et sud), la reconnaissance mutuelle étant la règle de base dans chacune de ces zones. Toutefois les Etats membres pourront être autorisés à interdire un produit sur leur territoire, notamment pour des circonstances environnementales ou agricoles spécifiques ;
La nouvelle réglementation remplacera progressivement la législation européenne actuelle. Les pesticides mis sur le marché selon les règles en vigueur pourront continuer à être utilisés jusqu’à l’expiration de la validité de leur autorisation en cours. Il n’y aura donc pas de retrait soudain et massif de produits qui sont sur le marché.
Voici les éléments clés de la directive sur l’utilisation durable des pesticides, telle qu’approuvée :
les Etats membres devront adopter des Plans nationaux d’action avec des objectifs quantitatifs, des mesures et des calendriers en vue de "réduire les risques et conséquences de l’utilisation des pesticides" pour la santé humaine et l’environnement ainsi que des mesures destinées à promouvoir une gestion intégrée de la lutte contre les parasites et des méthodes alternatives de contrôle. De plus, des calendriers et des objectifs pour une utilisation réduite seront fixés sur la base d’indicateurs. Afin d’arriver à un compromis, les députés ont renoncé à demander un objectif de réduction de 50%, chiffre qui avait été retenu en commission ;
la pulvérisation aérienne des cultures sera interdite de manière générale, moyennant des dérogations soumises à l’approbation des autorités. Les demandes de recours à une pulvérisation aérienne devront être présentées en temps voulu aux autorités. Si ces dernières ne répondent pas dans un délai fixé à une demande soumise conformément à un plan d’application approuvé à l’avance, la demande sera réputée acceptée ;
les États membres devront veiller à ce que les mesures appropriées soient prises pour protéger l’environnement aquatique et les captages d’eau potables des conséquences des pesticides. Ces mesures incluront des zones tampons pour la protection des organismes aquatiques et des zones de protection des eaux de surface et des eaux souterraines utilisées pour l’approvisionnement en eau potable, zones où il sera interdit d’utiliser ou de stocker des pesticides.
Enfin, le Parlement et le Conseil se sont mis d’accord pour interdire l’utilisation de pesticides ou pour la maintenir à un niveau minimum dans des zones particulières utilisées par le grand public ou des groupes vulnérables tels que les parcs, les jardins publics, les terrains de sport, les cours de récréation, les enceintes scolaires et les terrains de jeux, ainsi qu’à proximité d’infrastructures de santé publique.
[19.12.08]
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