Contraception, Ivg, parcours encore compliqué pour les Françaises
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L’accès à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse (Ivg) est encore compliqué en France, d’après un rapport de l’Igas. Celui-ci pointe des carences et des disparités selon les régions. Les délais de prise en charge dans les établissements où la demande est forte dépassent quinze jours, alors que l’Institut de veille sanitaire recommande un délai maximal de cinq jours. L’Igas constate aussi que les jeunes filles sont mal informées sur la contraception et le nombre d’Ivg « reste à un niveau relativement important », c’est-à dire plus de 200 000 par an.
La prévention et l’information sont encore pointées du doigt dans ce rapport. Et si « la prise en charge de l’IVG a marqué des progrès réels » depuis la loi de 2001 - qui a porté son délai légal de dix à douze semaines - ces avancées demeurent fragiles.
Parmi les carences, le rapport déplore, par exemple, que les IVG tardives ne soient pas prises en charge partout. Surtout, il pointe un « niveau préoccupant » d’échecs des moyens de contraception - 72% des IVG sont réalisées sur des femmes qui étaient sous contraception - et recommande de renforcer la prévention, en particulier en direction des plus jeunes.
Bien que la loi leur garantisse un accès autonome à la contraception, « ce droit leur est dénié dans les faits », puisque les ados doivent présenter la Carte vitale de leurs parents pour se faire rembourser. Le coût de la contraception - pouvant aller jusqu’à 175 euros annuels pour un timbre contraceptif hebdomadaire - est aussi parfois un frein pour les plus jeunes.
L’objectif serait de renforcer l’éducation sexuelle dans les collèges et les lycées. La ministre de la Santé a assuré qu’elle allait « mettre le paquet sur l’information en milieu scolaire » et elle a décidé de renforcer sur tout le territoire le réseau des centres de planification et d’éducation familiale.
Mais pour les associations, Planning familial en tête, ces paroles doivent être suivies de la mise en place de moyens supplémentaires.
On attend aussi la prochaine application d’un décret qui va désormais permettre aux sages-femmes et aux services de santé des universités de délivrer des contraceptifs oraux. Bientôt, selon la ministre, les infirmiers scolaires et les pharmaciens "pourront renouveler une ordonnance de pilule sans que les jeunes femmes ne soient obligées d’aller chez le médecin".
[03.02.10]
Lire le rapport de l’Igas www.igas.gouv.fr