Cosmétiques : être belle sans s’empoisonner
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Les cosmétiques, c’est prévu pour faire du bien. Depuis quelques années, pourtant, le doute sur l’innocuité de certains de leurs composants s’insinue. Des études sont en cours... En attendant, tour d’horizon des substances les plus douteuses et conseils pour les éviter.
Teintures pour cheveux
Une étude de l’université de Californie du Sud a montré que se teindre les cheveux tous les mois pendant quinze ans triple le risque de cancer de la vessie. Une autre étude, menée au Danemark pendant trente ans, révèle que les coiffeurs ont deux fois plus de cancers que le reste de la population. Particulièrement en cause : les amines aromatiques (composés dont le nom comporte « amine », notamment le 2,5-toluènediamine) et certains éthers de glycol (butoxyéthanol et butoxydiglycol). En 2006, la Commission européenne a interdit 22 colorants chez les coiffeurs.
Notre conseil : il existe quelques produits naturels, et les salons de coiffure commencent à les utiliser. Ne vous lavez pas les cheveux avant de les teindre : le sébum protège un peu le cuir chevelu. Choisissez des teintes claires : les foncées seraient les plus nocives.
Déodorants
Dans les années 1990, une étude américaine a semé le trouble en révélant que, en pénétrant sous la peau des aisselles rasées, les sels d’aluminium contenus dans les déodorants et antitranspirants pourraient favoriser le cancer du sein et la maladie d’Alzheimer. Par ailleurs, en 2004, une étude britannique a montré la présence de traces de parabène (conservateur dont l’action ressemble à celle des œstrogènes et qui pourrait perturber le fonctionnement des cellules) dans les tumeurs cancéreuses du sein de femmes britanniques. Les études se poursuivent.
Conseil : évitez ces deux composés (l’étiquette mentionne « aluminium » pour les uns, « paraben » pour les autres).
Attention ! les parabènes ne sont parfois signalés que
par un numéro, précédé de « Cas » (Cas 94-18-8, etc.).
Sachez que seule la pierre d’alun à base de potassium alun
est un antitranspirant naturel.
Crèmes solaires
Des chercheurs de l’Institut de pharmacologie et de toxicologie de Zurich incitent à la prudence concernant les filtres chimiques anti-UV qu’elles renferment. Ils pourraient avoir une action œstrogénique sur l’organisme. Ceux qui ont été testés sont : homosalate (Hms), 4-méthylbenzylidène camphre (4-Mbc), octyl-diméthyl Paba, octyl-méthoxycinnamate (Omc) et benzophénone-3.
Notre conseil : utilisez des produits contenant des filtres minéraux à base de titane ou de zinc, tout aussi efficaces.
Parfums
Différents travaux soulignent que les muscs synthétiques se fixent dans les tissus et pourraient perturber le système endocrinien. Une étude menée par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé a conclu à l’absence de risques, mais les muscs nitrés (xylène, ou MX ; cétone, ou MK) et les muscs polycycliques (galaxolide, ou Hhcb ; tonalide, ou Ahtn) sont sous surveillance.
Notre conseil : évitez aussi les parfums qui contiennent des phtalates (Dep) utilisés comme solvants. Certains ont été interdits (Dehp et Dbp) mais, en 2005, Greenpeace les retrouvait encore dans les 36 parfums et eaux de toilette qu’elle a passés au crible. Attention ! les parfums pour enfants en contiennent aussi.
Crèmes, shampoings
Savons, crèmes pour le visage et le corps, shampoings, gels-douche et autres produits de soins et de rasage rassemblent un cocktail de substances indésirables. Gare à certains conservateurs (Edta ; éthoxydiglycol et phénoxyéthanol ; les antioxydants Bha et Bht, toxiques pour le foie), aux huiles minérales sous forme de paraffine (paraffin), aux silicones ou siloxanes (et leurs composés, dont le nom finit par « cone » ou « xane »), aux émulsifiants et tensioactifs (dont le nom commence par « Peg » ou « Ppg »).
Notre conseil : privilégiez les principes actifs naturels à base d’acides fumarique (fruits), oléique (huile), tannique (feuille), de cire d’abeille, d’algues, de miel, de vitamine E, de camomille...
Et choisissez un dentifrice qui ne contient pas de triclosan comme antibactérien.
Maquillage
C’est le royaume des couleurs synthétiques. Les colorants azoïques, présents dans les rouges à lèvres et les fards à paupières (et dans les colorants pour cheveux), sont les plus critiqués. Certains sont admis chez nous et interdits ailleurs : on les identifie par les lettres « CI », suivies d’un chiffre (CI 12085, etc.).
Notre conseil : évitez le formaldéhyde, substance cancérigène
utilisée dans les vernis à ongles, les durcisseurs, etc.,
que l’on décèlera sous le nom de 2-bromo-2-nitropropane-1
ou 3-diol, ou quaternium-15.
[03.07.07]
Brigitte Bègue
Attention
Naturel n’est pas bio
L’industrie des cosmétiques joue sur la vogue du naturel pour vendre. Mais ce n’est pas parce qu’un produit contient 0,3 % d’huiles essentielles ou d’extraits de plantes que sa composition est inoffensive. Seuls certains logos vous garantissent qu’il s’agit de bio :
Ecocert, Cosmébio, Nature et Progrès, Neuform, Bdih, etc.
A ne pas confondre avec le logo Point vert qui signifie simplement que le fabricant participe à un dispositif de collecte des déchets ménagers mais ne garantit en rien que le cosmétique est naturel. Attention : la certification bio coûte cher, et certains fabricants ne peuvent pas la payer, mais leurs produits ne sont pas
à bannir pour autant. Vérifiez juste la liste des ingrédients.
Les composés efficaces et sains
Les huiles et les cires végétales (olive, amande, avocat, onagre, bourrache, jojoba, beurre de karité, etc.) respectent et renforcent la protection naturelle de la peau. Pour les cheveux, la douche…, les plantes traitantes (aloe vera, concombre, bambou, arnica, carotte, germe de blé, hamamélis…) hydratent, apaisent, régénèrent, purifient, nourrissent. La glycérine et la lanoline (« glycéryl », « cetyl », suivis d’un nom finissant
par « ate ») sont une solution face aux émulsifiants chimiques, et la vitamine E peut remplacer les conservateurs de synthèse.
Autre solution : fabriquer ses crèmes soi-même !
• La Vérité sur les cosmétiques, Rita Stiens, Leduc,
23 euros. Et, chez le même éditeur, Cosmétiques, mode d’emploi, Laurence Wittner, 16,90 €.
• Le Guide des cosmétiques bio, Eve Demange et Anne Ghesquière, Vigot, 20 euros.
• Créez vos cosmétiques bio, Sylvie Hampikian, Terre vivante, 23 euros.
• Le guide Cosmétox de Greenpeace, consultable sur son site
www.greenpeace.fr