lundi 21 mai 2012
En créant l’association Santé, Sous-traitance, Nucléaire, Chimie , les salariés de la sous-traitance dans ces deux industries, entendent bien que leur santé et leur sécurité ne soient pas des « variables d’ajustement » pour gagner des contrats.
On savait la condition des salariés de la sous-traitance dans le nucléaire et dans la chimie, difficile, prenant souvent la forme d’une « maltraitance sociale ». « Mais s’en est trop maintenant », explique Philippe Billard, salarié sous traitant du nucléaire depuis 23 ans.
Il vient, avec quelques collègues de créer l’association Santé, Sous-traitance, Nucléaire, Chimie. Les employeurs explique-t-ils usent et abusent de la sous traitance « pour faire supporter aux salariés de celle-ci toutes les expositions nocives du travail et ne pas avoir à supporter les responsabilités des maladies crées par ces expositions. »
Expositions aux rayons ionisants, aux produits cancerogènes mutagènes et toxiques pour la reproduction (Cmr), aux acides classés dangereux (Acd) : autant de dangers agravés par un manque de suivi médical.
« Notre association n’est pas de nature anti-syndicale » assure Philippe Billard lui même délégué du personnel Cgt et membre du Chsct. « Prenons l’exemple de mes mandats : en tant que délégué du personnel je suis sensé m’occuper de toutes les centrales nucleaires françaises y compris Kourou en Guyanne. Comme Chsct je suis en responsabilité sur tout le Sud Ouest ». Vaste secteur ! Il nous fallait, poursuit-il, « un outil spécifique pour défendre notre santé. D’autant que nos conditions de travail se sont terriblement dégradées depuis une bonne dizaine d’années. Les contrats de sous-traitance sont renégociés tous les trois ou quatre ans et la sécurité des travailleurs et leur santé sont souvent trop considérés comme une perte de temps, donc d’argent. Nous voulons aussi obtenir des dipositifs de soins , de surveillance et d’indemnisation des victimes salariées de la sous-traitance quelque soit leur statut. »
L’association Santé, Sous-traitance, Nucléaire, Chimie entend également, à l’instar des associations de victimes de l’amiante, porter le débat sur le terrain judiciaire.
Ainsi, le tribunal de Rouen devrait être saisi d’un cas de contamination nucléaire de salariés de l’entreprise Endel, sous traitant, d’Edf. Santé, Sous-traitance, Nucléaire, Chimie, se portera partie civile au coté l’union locale Cgt de Fécamp, et du syndicat Cgt d’Endel -Val de Loire.
[09.01.09]
Jacqueline Roz-Maurette
Contact Philippe Billard : 06 14 79 44 66.
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