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Danger des téléphones portables sur la santé : des scientifiques s'inquiètent dans une lettre ouverte

Brigitte Bègue
Danger des téléphones portables sur la santé : des scientifiques s'inquiètent dans une lettre ouverte

Alors que depuis le 24 mai et jusqu'au 31 mai, des experts internationaux se réunissent sous l'égide du
Centre International de Recherche sur le Cancer (Circ) à Lyon, pour évaluer le risque cancérigène des champs électromagnétiques des radio fréquences comprenant, entre autres, les téléphones portables, des scientifiques de différents pays 1 ont envoyé une lettre ouverte au directeur pour leur faire part de leurs interrogations.

La première concerne la tenue de cette réunion alors même que la plus grande étude sur les téléphones portables, Interphone, menée entre 1999 et 2004 sur 6600 cas de cancers dans 13 pays, n'a pas encore livré au public tous ces résultats. D'autant plus étrange, selon les signataires, que les conclusions sont attendues depuis 5 ans et que certaines des observations sont inquiétantes puisqu'elles indiquent que les plus gros utilisateurs de portables depuis 10 ans ont un risque augmenté, statistiquement significatif, de tumeurs du cerveau (gliomes).

Plus de tumeurs du cerveau

Le risque est par ailleurs plus grand chez les personnes qui disaient que leur cancer était survenu du côté de la tête où elles avaient l'habitude de tenir leur téléphone. « Permettez-nous de suggérer que ceci n'est sans doute pas le fait du hasard mais de ce que nous enseignons à nos étudiants, soit que le risque apparait d'abord chez les personnes les plus exposées avant de diffuser au reste de la population », écrivent les auteurs. « Nous craignons par conséquent que ce qui a été observé non seulement dans l'étude Interphone mais aussi dans d'autres études comme celles conduites dans les pays nordiques ne soit que le début de la mise en évidence d'une importante survenue de tumeurs du cerveau », avertissent-ils.

Les auteurs insistent également auprès du directeur du Circ pour que tous les résultats soient publiés au plus vite, avant la fin 2011, et qu'on en sache plus notamment sur la découverte de 1 100 neurinomes acoustiques (grosseur bénigne située dans l'oreille interne) et de 400 tumeurs des glandes parotides, ces petits canaux qui transportent la salive.

Des liens d'influence

Ils s'interrogent aussi sur l'indépendance des experts chargés d'évaluer le groupe (cancérigène reconnu, cancérigène probable ou possible) dans lequel les radio fréquences seront classées et exigent que les conflits d'intérêts soient déclarés. Ce qui semble ne pas être le cas : « Nous avons attendu jusqu'au dernier moment pour les voir apparaître mais sans succès. Nous ne comprenons pas que les documents de cette importance ne soient pas rendus publics », stipulent les scientifiques.

Mais on sait qu'un des experts pressenti, le Pr Anders Ahlbom de l'Institut médical Karolinska en Suède, est au conseil d'administration d'une société de conseil travaillant pour le principal opérateur de téléphonie mobile suédois. Il a finalement été exclu du groupe d'experts. Mais se référant au rapport de l'Igas d'avril 2011 sur la sécurité sanitaire qui estime que la présence des observateurs de l'industrie dans les collectifs d'experts « est trop ambiguë pour être maintenue », les signataires dénoncent également la présence dans le groupe de travail sur les radio fréquences de trois représentants de l'industrie de la téléphonie sans fil (GSM, Mobile Manufacturers Forum, CTIA, The Wireless association).

« Qu'en penser ? », questionnent-ils. Réponse bientôt.

A lire aussi :

  • 1. Parmi les signataires le Wecf (Women in Europe for a Common Future) dont Annie Sasco pour la France, directrice de recherche à l'Inserm, le Réseau Environnement Santé, l'International Society of Doctors for Environnment, Health Environment Alliance (Heal), le Dr David Servan-Schreiber, Annie Thébaud-Monny, directrice de recherche honoraire à l'Inserm, etc.

Vos commentaires

On constate que René de Seze de l'INERIS participe a cette réunion alors qu'il dissimule systématiquement les risques liés a la compatibilité electromagnétique avec les appareils electroniques medicaux.
Il a pourtant participé aux auditions du 5 juillet 2006 par l'OPECST (rapport 3431) au cours desquelle les parlementaires ont demandé aux experts d'informer sur ce risque, comme l'on fait (discretement) la FSR en mentionant la limite de 3V/m , l'INERIS sur son site dissimule toujours l'existance de 20 millions de dispositifs medicaux d'immunité 3V/m au domicile des gens ! parrallelement l'INERIS facture a des industriels des esssais d'immunité à 3V/m valeur qu'elle ne connait pas pour informer des risques!!!!!!

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