Social

Dans son portrait social, l’Insee souligne le rôle prépondérant des services de la santé et de l’éducation

L’Institut national de la statistique a livré le 7 novembre l’édition 2008 de son « portrait social ». A partir des statistiques disponibles, il montre comment la politique fiscale suivie depuis 2007 a aggravé sensiblement les inégalités en France, où 7,9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Il montre également que les services de la santé, de l’éducation et du logement contribuent à hauteur des 2/3 aux réductions des inégalités.

Les services publics de santé, éducation et logement contribuent deux fois plus que les transferts monétaires à la réduction des inégalités de niveau de vie.

Les transferts « en nature » de ces secteurs contribuent pour 69% à la réduction des inégalités constate l’Insee. L’explication réside essentiellement dans les masses financières en jeu, « très élevées pour la santé et pour l’éducation ».

Avec une contribution de 36,5% à la réduction des inégalités, l’éducation est en tête, suivie par la santé qui, selon les statisticiens de l’Insee, contribue pour 29,6% à la réduction des inégalités globales de niveau de vie. La dépense moyenne de santé par personne est de 2890 euros par an.

Ce montant représente 6,6% du revenu net des 20% de personnes les plus aisées contre 42,3% du revenu net des 20% de personnes les moins aisées.

La réforme de 2007 du barême de l’impôt sur le revenu a atténué son pouvoir redistributif

Ce sont les couches moyennes qui ont été les victimes des réformes de l’impôt sur le revenu et sur le patrimoine intervenues en 2007, et qui avait été décidée par le gouvernement Villepin au nom de ces couches moyennes (suppression de l’abattement de 20% intégré dans le barême et réduction de 6 à 4 du nombre de tranches d’imposition).

« Les personnes les plus aisées sont celle qui bénéficient le plus fortement de cette réforme de l’impôt », note l’Insee. Leur niveau de vie a progressé en moyenne de 2%. La revalorisation de la prime pour l’emploi, dont bénéficient des personnes modestes leur a permis de gagner en revenu, sans toutefois que cette progression soit équivalente à celle des plus hauts revenus.

L’impôt sur le revenu contribue pour 26% à la réduction des inégalités de niveau de vie, note l’Insee. S’il n’y avait pas eu la réforme de 2007 sa contribution s’élèverait à 28,4%.

Le pouvoir d’achat des ménages accélère en 2007

La baisse de près de 1% du taux de chômage et la croissance de l’emploi ont profité aux salariés. La hausse du salaire moyen de base est de +1,2% (en euros constants) pour les ouvriers, de +1% pour les employés et de +0,9% pour les cadres.

Au total, la « masse des salaires et traitements bruts », qui représente un peu plus de 58% du revenu disponible brut progresse de +4,5% en 2007 (contre +3,9% en 2006).

Dans le même temps, les prélèvements fiscaux sur le revenu et le patrimoine des ménages ralentissent nettement : +1,2% contre +7,2% en 2006, hors avoir fiscal. Un effet des mesures visant à réduire l’impôt des personnes physiques (voir ci-dessus).

Le seuil de pauvreté : 880 euros par mois

En 2006, note l’Insee « le revenu moyen des personnes vivant dans un ménage ordinaire est de 20 600 euros par an »(1 716 € par mois). Pour la moitié de la population, il est inférieur à 17 600 euros (1 466 € par mois). 10% des individus ont un revenu supérieur à 33 190 euros (2756 € par mois), tandis que l0% ont un revenu inférieur à 9 720 euros (810 € par mois).

Le seuil de pauvreté (60% de la médiane des niveaux de vie) est de 880 euros par mois (à titre de comparaison, le RMI pour une personne seule est de 433 euros par mois, et de 650 euros par mois pour une personne seule avec un enfant ou un couple sans enfant). 7,9 millions de personnes vivent sous ce seuil de pauvreté.

Des disparité de mortalité précoce importantes, même entre catégories socioprofessionnelles proches

L’espérance de vie à la naissance continue d’augmenter. En 2007, elle atteint 77,5 ans pour les hommes et 84,4 ans pour les femmes, soit un gain de 3 mois par rapport à l’année précédente. Mais des inégalités importantes subsistent. Azinsi 6,7% des hommes nés entre 1940 et 1946 et cadres dans le secteur privé à 36 ans sont décédés avant 60 ans, contre 14,3% de ceux qui étaient employés ou ouvriers non qualifiés.

 

-  [06.11.08]


- Retrouvez l’ensemble du portrait social sur le site de l’Insee : http://www.insee.fr/

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