Social

"De plus en plus de jeunes renoncent à souscrire une mutuelle"

Azwaw Djebara est vice-président de l’Unef.

Que souhaiteriez-vous voir aborder dans le débat de la présidentielle sur la jeunesse ?
A l’Unef, nous voulons insister sur le régime de Sécurité sociale étudiant qui est sous-financé. Ce régime délégué est vu d’un très mauvais œil par le gouvernement qui voudrait le faire entrer dans le régime général de Sécurité sociale. Nous sommes farouchement contre. Ce régime est géré par les étudiants qui connaissent bien le problème de leurs pairs...
Nous souhaiterions qu’un effort significatif soit fait par le prochain gouvernement en faveur de la Sécurité sociale. 4 euros de plus par adhérent (1,6 million sans compter les 600 000 étudiants qui ne sont pas affiliés à ce régime) permettraient de mettre en place un vaste plan de prévention et d’éducation à la santé dont la jeunesse a besoin.
Nous souhaitons également renforcer l’aide à la mutualisation. De plus en plus de jeunes renoncent à des mutuelles parce qu’ils ont d’autres priorités : se loger, manger, payer des frais d’inscriptions. Il faut enrayer cette dynamique. Nous demandons un chèque santé national permettant aux jeunes d’accéder à une mutuelle, à l’image de celui qui existe en Ile-de-France, d’une valeur de 200 euros.

Vous portez aussi le débat sur l’allocation d’autonomie de la jeunesse ?
Nous nous battons en effet depuis de nombreuses années pour la mise en place d’une allocation d’autonomie de la jeunesse pour tous les jeunes qui ne bénéficient à l’heure actuelle d’aucun droit social. Nous souhaitons qu’elle soit universelle pour tous les jeunes en formation ou en insertion, suffisante pour leur permettre de suivre pleinement leurs études -l’observatoire de la vie étudiante chiffre son montant aux alentours des 950 euros- et calculée en fonction des revenus de chaque étudiant et non de sa situation familiale.

Comment serait elle financée ?
En remettant à plat les multiples aides (bourses, allocations logement, allocations familiales...), qui ne sont pas lisibles et sont complexes, en faveur de cette allocation unique. Elle serait versée par les Crous qui non seulement font preuve de leur efficacité dans la gestion des bourses, mais qui ont le mérite d’avoir en leur sein des représentants des étudiants.

Vous êtes aussi pour qu’une partie de cette allocation soit affectée aux cotisations pour la protection sociale ?
En effet, les cotisations pour l’Assurance-maladie pourraient être prélevées sur cette allocation. Elles permettraient aux étudiants d’entrer dans la boucle de la solidarité nationale.
Mais nous militons aussi pour que les étudiants cotisent pour leur retraite afin que le fait de faire des études ne soit pas pénalisant dans l’acquisition des droits à la retraite.

 

-  [16.12.11]   Anne-Marie Thomazeau

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