jeudi 9 février 2012
Comment serons nous soignés demain, et à quel prix ? Qui pourra bénéficier de soins de qualité ? Alors que doivent se discuter deux réformes très importantes de la Sécurité sociale et du système de soins, Viva, avec la Fédération des Mutuelles de France et dans le cadre du mois de l’économie sociale a ouvert le débat à Dole le 19 novembre dernier lors de Rencontres sur le thème : Place et rôle de la mutualité dans le domaine de la santé.
De gauche à droite à la tribune:Etienne Mollet, Patrice Fort, Mathieu Montes, Christian Magnin-Faysot, Pierre Alixant, Gérard Dumora, Marin Sprinfield (photo M. Ferchaud)
Organisé dans le cadre du mois de l’Economie Sociale et Solidaire en partenariat avec la Fédération des Mutuelles de France, le débat a réuni une soixantaine de personnes venue de tout l’Est de la France : Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace et Franche-Comté.
Avec pour thème : place et rôle de la mutualité dans le domaine de la santé, ce rendez-vous a placé au coeur du débat les interrogations sur l’avenir de la Sécurité sociale dans le contexte des décisions gouvernementales et du vote de la loi de finances de la Sécurité sociale.
Après une présentation déclinée en trois volets abordant le problème de l’accès aux soins, de l’organisation du financement du système de soin et du partenariat entre la mutualité et la sécurité sociale, Mathieu Montès, directeur des rédactions de Viva, a passé la parole aux acteurs du mouvement social invités à témoigner de leur expérience.
Patrice Fort, secrétaire général de la Fmf, a ouvert la discussion sur le Plan de Financement de la Sécurité Sociale : « Si l’on ne peut manifestement pas rester sur des schémas d’après-guerre concernant le financement de la sécurité sociale, est-il normal par exemple que la Cmu ne repose que sur les mutuelles alors que cela doit relever de la solidarité nationale. La taxe d’un milliard imposée aux organismes complémentaires est tout a fait inacceptable ».
Le président de la Somuco, Gilles Ponti a aussitôt réagi : « Je vous vois tous unanime pour dire que c’est la crise et que notre système de santé est en péril. Mais j’aimerai bien voir la même unanimité pour organiser une riposte sociale et c’est urgent ». Une intervention montrant l’attente des nombreux mutualistes présent dans la salle et désireux d’être des acteurs efficaces et de répondes aux attentes des usagers.
Pierre Alixant, président de la Mutualité de Franche-Comté a rappelé le rôle déterminant des mutuelles : « elles ont un rôle prédominant dans l’information en éclairant les adhérents et en alertant ces derniers face aux dérives. C’est aussi le moyen de réveiller le sentiment mutualiste ». Ce fut l’occasion de présenter aux participants le dispositif Priorité santé mutualiste, actuellement testé en Bretagne et Languedoc Roussillon, et qui devrait être généralisé en 2009. « Priorité Santé Mutualiste permet d’aider les adhérents à accéder à des soins de qualité à des tarifs conventionnés ».
Christian Magnin-Faysot du comité d’éducation pour la santé et représentant des usagers Chu de Besançon a rebondi en évoquant les problèmes d’accès aux soins pour tous face aux dépassements d’honoraires des médecins.
Gérard Dumora, président de la Cpam de Haute-Saone s’est positionné « en faveur de moyens de contrôle plus stricte de ces pratiques ».
Assurer une même qualité de soins pour tous, tel était également le problème soulevé par Marin Sprinfield, instituteur et représentant la Fsu : « qui plus est dans des zones rurales comme la notre ici en France-Comté où la désertification médicale de certain secteur devient problématique ».
Une transition parfaite pour Etienne Mollet, médecin diabétologue et président de l’Espace santé qui vient tout juste d’ouvrir ses portes à Dole. « Nous rassemblons dans un même lieu les acteurs oeuvrant dans le domaine de la prévention et de l’éducation à la santé » a-t-il résumé. Rassembler et mutualiser les forces, tel est bien le désir de la mutualité qui se veut garante d’un système de protection sociale solidaire.
[24.11.08]
Céline Lutz
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