Santé

Dépistage du cancer du sein : sur le marché, à Rennes, il faut convaincre les femmes

En Ille-et-Vilaine, les militantes du comité féminin pour le dépistage du cancer du sein essaient de convaincre les femmes de participer au dépistage. Pas toujours facile.

« J’ai déjà eu plein d’ennuis de santé - le dos, les reins... Alors maintenant s’il faut se préoccuper du cancer  ! » Marie-Thérèse, cinquante-neuf ans, n’en démord pas : elle ne répondra pas à l’invitation qu’elle a reçue pour le dépistage du cancer du sein. Les militantes du comité féminin argumentent : « Passer une mammographie n’a jamais donné le cancer. » Rien à faire  ! Marie-Thérèse reste sur ses positions. Elle accepte pourtant de prendre un Guide pratique des dépistages organisés du cancer, qu’elle lira à tête reposée, c’est promis  ! Nous sommes sur le marché de Villejean, un quartier populaire de Rennes. Entre l’étal d’une fleuriste et celui d’une crémière, Régine Le Page, la permanente du comité féminin d’Ille-et-Vilaine, a installé son stand mobile. « La proximité des fleurs, c’est un bon plan pour ­attirer les femmes », remarque Régine, qui fréquente régulièrement les marchés d’Ille-et-Vilaine, principalement ceux des cantons où la participation au dépistage se révèle plus faible que la moyenne départementale. Un travail de fourmi pour expliquer le dépistage et dédramatiser le cancer, que le comité féminin d’Ille-et-Vilaine effectue aussi auprès des personnes-relais ­(assis­tantes sociales, éducateurs, aides à domicile, délégués locaux de la Mutualité sociale agricole [Msa]...), qui de par leurs ­activités sont en contact avec les femmes.

Ce jeudi après-midi, à Bruz, une commune de la périphérie rennaise, une trentaine d’auditrices ont répondu à l’invitation du club féminin. Régine présente deux vidéos réalisées par la Fédération des comités féminins pour le dépistage du cancer du sein, donne quelques statistiques sur les résultats (plutôt positifs) des dépistages dans la région et laisse la parole à la salle. « Chaque fois que je passe une mammographie, on me prescrit en plus une échographie », raconte une femme qui trouve que les médecins poussent à la consommation. Régine nuance le jugement : « Vous avez sans doute des seins très denses qui rendent nécessaire ce double examen », explique-t-elle avant de conclure la réunion en invitant chaque femme de son auditoire à devenir « une porteuse de message ». Un message de vie.

 

-  [05.10.06]   François Boënnec

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Témoignage

Françoise : cinquante et un ans, puéricultrice.

Il y a quelques mois, j’ai passé ma première mammographie dans le cadre du dépistage organisé du cancer du sein…

En fait j’étais déjà suivie auparavant. Mais je trouve que le dépistage organisé m’offre un confort supplémentaire. Je n’ai pas à me soucier de la date du prochain, je sais que je recevrai la convocation automatiquement… Il n’y a pas de risque d’oublier ou de laisser passer la date. De plus, j’ai apprécié la sécurité qu’offre le dispositif de double lecture. C’est quand même génial d’être dans un système de santé qui propose ça ! ». -

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