Des financements encore à la baisse pour les projets territoriaux de santé
Au début 2011, les agences régionales de santé (Ars) ont mis en place
les conférences territoriales, instances consultatives sur les politiques de santé territoriales. André Large (Mutuelle Entrain), président de l’Union territoriale de la Mutualité française de la Nièvre Ssam*, est également membre du comité départemental des retraités et personnes âgées (Coderpa).
A ce titre, il siège à la conférence territoriale de la Nièvre. Après les premiers mois de fonctionnement, il nous fait part de son sentiment : « Le principe de faire travailler ensemble des personnes qui n’en avaient pas l’habitude – hôpital, médecine de ville, secteur médico-social – paraît une bonne idée. La question du financement, elle, ne semble pas réglée. Ces conférences pourront-elles être autre chose que de simples chambres d’enregistrement des décisions prises au sommet [Etat ou directions
des Ars] ? »
Le Dr Bernard Bordet, président de la conférence territoriale
de la Nièvre, s’inquiète lui aussi à propos du financement accordé aux Ars.
« Le budget 2011 de l’Ars Bourgogne est inférieur de 12 millions d’euros à celui de 2010. D’après le ministère, notre population est en diminution et nous serions sur-dotés. » Les restrictions budgétaires frappent tous les secteurs d’activité.
Pour le médico-social, André Large est inquiet : « La Maison de la prévention et de l’accès aux soins suit 240 jeunes. La Mutualité française, pour la gérer, reçoit un financement au titre de la politique de la ville. Ce financement va diminuer. Si, en janvier 2012, aucun lien n’est fait entre les ministères concernés (ici, avec celui de la Santé), que va devenir cette structure ? » Là encore, Bernard Bordet partage ces inquiétudes : « C’est le même problème pour les réseaux de soins. Il existe aujourd’hui plusieurs types de financeurs. Comment pérennise-t-on ce qui existe ? Avec qui ? On n’en sait rien. »
En Bourgogne,
où le nombre de médecins libéraux (spécialistes ou généralistes) est nettement insuffisant, les maisons médicales ont le vent en poupe. « Est-ce la seule solution ? Pas sûr », estime André Large. Les deux hommes sont prêts
à défendre leur point de vue. « Nous avons fait des propositions à l’Ars », résume Bernard Bordet. Par exemple, une cohésion financière permettrait
de construire un projet autour
de la prévention et de la prise en charge
des accidents vasculaires cérébraux (Avc), véritable fléau en Bourgogne.
[02.11.11]
Anne-Marie Boulet
* Services de soins et d’accompagnement mutualistes.