Des médecins lancent un appel contre les pesticides

Brigitte Bègue

A l'occasion de l'opération « Une Semaine Sans Pesticides » du 20 au 30 mars, lancée par l'association Générations Futures, 85 médecins du Limousin lancent un appel contre ces substances chimiques.

« Nous médecins demandons que la région Limousin s'engage sur une réduction de 50% de l'usage des pesticides d'ici 2020, expliquent-ils. Trop de signaux de danger sont au rouge : cancers, maladie de Parkinson, troubles de la fertilité, troubles du développement neurologique chez des enfants exposés in-utero et imprégnation générale de la population par ces produits ».

Les médecins demandent aux collectivités locales, aux élus et au gouvernement de « prendre leur responsabilité et de mettre en place d'urgence les politiques qui permettront de protéger la santé de tous ».

Ils précisent « les seuls conseils à nos patients ne suffisent pas : des lois doivent revoir les procédures d'autorisation de mise sur le marché et parfois interdire. Nous savons aussi que les agriculteurs ne passeront pas d'un claquement de doigt d'un modèle à un autre et qu'il faudra pour cela les aider ».

L'exposition chronique est inquiétante

La France est le premier utilisateur en Europe de pesticides et le troisième mondial.

Créée en 1996, Générations Futures ne cessent d'alerter sur les dangers de ces produits.
« Hier, j'étais à Mulhouse avec un agriculteur en fauteuil roulant. Il a eu un cancer qui lui a comprimé la moelle épinière. Il faisait de la polyculture élevage et, comme ses collègues, il utilisait beaucoup de pesticides. Son cancer est reconnu d'origine professionnelle. C'est l'exposition chronique qui est inquiétante, on commence seulement à voir les effets sur la santé », pointe François Vieillerette, son porte-parole.

Désormais intégrée au tableau des maladies professionnelles, la maladie de Parkinson fait, depuis peu, partie des pathologies imputées aux pesticides chez les agriculteurs. Les études indiquent que, globalement, ces derniers ont moins de cancers que la population générale, en revanche, ils développent plus souvent des lymphomes, des tumeurs de la vessie et du cerveau.

Le Grenelle de l'Environnement avait prévu une réduction de moité de l'utilisation des pesticides entre 2008-2018. « C'est une victoire, souligne François Vieillerette, mais la mesure tarde à se mettre en route ».

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