Désamiantage à la Sncf : la vigilance reste de mise
Fermés en 1995, les anciens ateliers Sncf de Bordeaux font l’objet depuis quelques mois d’un vaste chantier de démolition et de dépollution. Quelque 486 tonnes d’amiante doivent ainsi être conditionnées et dirigées vers le site d’élimination définitive de l’entreprise Inertam à Morcenx, dans les Landes. Les différents bâtiments des ateliers ont accueilli jusqu’à 1 000 cheminots – dont bon nombre de mutualistes de Mutuelle Entrain – dans les années 1970.
Dès le départ, l’association Allô amiante s’est imposée comme un partenaire incontournable des organismes concernés, en particulier Réseau ferré de France (Rff) et la mairie de Bordeaux. Ainsi, l’Association de défense des victimes de l’amiante, créée en Gironde par des cheminots, a réussi à faire intégrer au cahier des charges du chantier des bâtiments voisins, qui n’étaient pas prévus car extérieurs aux anciens ateliers, tels que le restaurant d’entreprise et le parking de la direction régionale Sncf. Et ce, afin de préserver salariés et riverains de toute pollution environnementale. « Nous avons en outre vérifié que les opérations se dérouleraient sans risque, y compris par rapport au sérieux des entreprises de désamiantage sélectionnées », explique Georges Arnaudeau, président d’Allô amiante et ancien président de la Mutuelle Aquitaine-Poitou-Charentes, aujourd’hui fusionnée au sein de Mutuelle Entrain.
Cette association déplore cependant qu’un décret* « relatif à la protection de la population contre les risques sanitaires liés à une exposition à l’amiante dans les immeubles bâtis » ait purement et simplement supprimé le délai de neuf ans jusqu’ici imposé pour les travaux de désamiantage !
Lors de l’assemblée générale de l’Umcpg (dont il fut administrateur) les 4 et 5 octobre dernier, Georges Arnaudeau a incité les mutualistes cheminots à signaler à l’association les ouvertures récentes de chantiers Sncf, partout en France. Quelques jours avant, on apprenait que la moitié des 60 rames rénovées du Rer B, dont certaines appartenant à la Sncf, contenait de l’amiante. La fibre cancérigène serait également présente dans des ateliers de maintenance.
[02.11.11]
Karine Pollet
* Décret n° 2011-629 du 3 juin 2011, paru au JO du 5 juin 2011.