lundi 21 mai 2012
Mutuelles Santé plus • Site Web
Les agences régionales de santé sont installées depuis neuf mois. Elles (re)dessinent les contours des territoires de santé des régions. Simple lifting ou réelle volonté de mieux harmoniser les offres de soins ?
Qu’est-ce qu’un territoire de santé ? Comment le définit-on ? A ces questions, les agences régionales de santé (Ars), avec lesquelles Mutuelles Santé Plus peut être amenée à travailler – Rhône-Alpes, Bourgogne, Languedoc-Roussillon et Paca –, ont presque toutes répondu « le département ». Presque toutes, sauf une : Rhône-Alpes.
Nées le 1er avril 2010, les Ars sont désormais l’interlocuteur unique dans les trois champs que forment la prévention, l’offre de soins et l’accompagnement médico-social. Ce dernier, auparavant, relevait de la compétence unique des conseils généraux. Sans doute est-ce un peu pour cela que les découpages territoriaux de santé ont adopté les départements pour canevas.
La région Rhône-Alpes était auparavant découpée, sur le plan sanitaire, en treize territoires. Elle en comprendra désormais cinq. Et, depuis le premier schéma régional d’organisation sanitaire (Sros 1), l’habitude avait été prise de commencer à organiser l’offre de soins autour des trois centres hospitalo-universitaires (Chu) que compte la région (Lyon, Saint-Etienne et Grenoble), ainsi que l’hôpital de Valence pour les départements du sud de la région (Drôme et une bonne partie de l’Ardèche).
Où les usagers vont-ils se faire soigner, pour quels types de maladies ? Ces questions semblent avoir primé, en Rhône-Alpes, sur les simples découpages administratifs départementaux. Il faut dire que la région a vécu au moins un exemple récurrent des aberrations que peuvent engendrer les simples logiques administratives : l’hôpital local de Saint-Agrève, dans le nord de l’Ardèche. Bien qu’en territoire ardéchois, l’établissement est fréquenté par de nombreux habitants de la Haute-Loire, Auvergnats « frontaliers » de la région Rhône-Alpes. Il aura fallu, pour les usagers, beaucoup argumenter et manifester pour que, finalement, les deux régions arrivent à discuter intelligemment entre elles.
Des Saint-Agrève, il y en a partout. Alors, sans être des élèves modèles, sans doute les Rhônalpins ont-ils dépassé – ou déplacé ? – un premier obstacle.
Mais les premières réalisations très concrètes des nouvelles agences régionales ne sont pas encore manifestes. Ces dernières auront-elles les moyens financiers de leurs ambitions ? Si non, quelles que soient alors les organisations de premier niveau territorial, les résultats risquent d’être décevants.
[03.01.11]
Anne-Marie Boulet
Jean-Claude Bellière, président de la Mutuelle des Services Publics (Msp), Marseille
Vous êtes membre du conseil de surveillance de l’agence régionale de santé Paca. Comment concevez-vous votre rôle dans cette instance ?
Je siège au conseil de surveillance de l’Ars Paca en tant que personnalité qualifiée représentant la Fédération nationale de la mutualité française (Fnmf). Mon rôle est de faire en sorte que les orientations prises par l’Ars ne soient pas contraires aux intérêts des assurés sociaux. Nul n’est dupe : les orientations données par le comité national de pilotage des agences sont à visée économique. Il faut aussi viser l’efficience sanitaire. Il ne faut pas que les économies recherchées autour du système de santé se fassent au détriment de l’accès
à la santé des assurés sociaux.
Pour éviter les disparités d’une région à l’autre, la Fnmf organise régulièrement la rencontre de ses représentants pour faire le point et harmoniser les interventions, notamment sur le développement antagoniste des dépassements d’honoraires et de la précarité.
Les Ars viennent de définir leurs territoires de santé. Celle de Paca
a choisi de découper la région administrative en six territoires,
les six départements de la région.
Ce choix vous paraît-il pertinent ?
Ce choix résulte de la dimension territoriale administrative liée
au médico-social, le conseil général étant très impliqué financièrement dans ce domaine. Les découpages précédents n’étaient pas plus adaptés que le département. Ces territoires sont les lieux au sein desquels l’ensemble des activités sanitaires vont devoir se coordonner.
Les problèmes qui risquent de subsister sont ceux liés aux bassins de vie situés à la frontière de deux départements. Cette difficulté
étant repérée, une réponse pourra y être apportée.
Il n’est pas à exclure, non plus, que des territoires spécialisés aux dimensions moins larges se mettent en place aussi.
Cliquez sur la carte pour sélectionnez votre région
Ce que les Mutuelles de France attendent du nouveau PrésidentDès le lendemain du 2e tour de l’élection présidentielle, la Fédération des Mutuelles de France (Fmf) (...) [15.05.12]
Les hôpitaux face aux emprunts toxiquesIls sont nombreux, hôpitaux et collectivités territoriales, dont les finances, souvent fragiles, (...) [02.05.12]
Mobilisés pour la maternité de LesparreQuelques semaines seulement après sa création, le collectif citoyen contre la fermeture de la (...) [02.05.12]

La presse sociale en campagne contre l’illettrismeLe syndicat de la presse sociale (Sps) poursuit son engagement contre l’illettrisme et lance une (...) [18.04.12]

Les candidats à la présidentielle interrogés sur la santé par VivaA quelques jours du premier tour, la rédaction de Viva s’adresse aux principaux candidats et les (...) [12.04.12]

