Mutualité

Deux générations, deux engagements, des valeurs communes

Grégory Sextius, le benjamin

« Il est important que les jeunes s’investissent » Grégory Sextius a adhéré à la Mutuelle Familiale à son arrivée en métropole, en 2005.« Mes deux sœurs étaient déjà à la mutuelle et elles me l’ont recommandée, précise-t-il. Elles m’ont parrainé. » Originaire de Sainte-Anne, en Guadeloupe, où il a passé son enfance et son adolescence, le jeune homme de vingt-huit ans, aujourd’hui parisien, est également délégué. Il est important, selon lui, que toutes les générations soient représentées à la Mutuelle Familiale.

« Je pense que les jeunes doivent s’investir dans la mutuelle, d’une part, pour continuer l’œuvre de leurs aînés – il faudra assurer la relève – et, d’autre part, pour apporter leurs idées, leur vision des choses. C’est pour cela que j’avais posé ma candidature comme délégué », explique-t-il. Grégory estime nécessaire de se former pour en savoir davantage sur la mutualité et la protection sociale : « Je découvre, j’ai beaucoup de choses à apprendre », dit-il en souriant.

Il regrette de ne pas avoir le temps de suivre toutes les réunions, à cause de ses horaires professionnels. Le jeune homme est actuellement serveur dans le service restauration d’une maison de retraite à Paris.« J’aime bien travailler avec les personnes âgées. Il y a beaucoup à faire pour celles qui se retrouvent seules, isolées, dit-il. J’aimerais aussi m’orienter vers l’animation avec les personnes âgées ou encore avec les enfants. »

Evariste Vicini, le doyen

« L’action mutualiste a vocation à appréhender l’ensemble des champs sociaux »

Avec « plus de soixante-dix ans de mutualité, dont cinquante ans aux responsabilités », comme il l’a rappelé à la dernière assemblée générale de la Mutuelle Familiale, Evariste Vicini est une figure du mouvement social dans le Pays-Haut lorrain, où mines et sidérurgie, aujourd’hui disparues, ont forgé le caractère des hommes. Pour ce fils d’immigrés italiens antifascistes, né en 1925, l’engagement est une évidence. Engagement patriotique pendant la Seconde Guerre mondiale, quand il entre dans la Résistance, en 1943, comme membre des Forces françaises de l’intérieur ; il voulait se battre pour son pays et contre « les conditions de travail inhumaines » imposées à l’usine sidérurgique d’Homécourt, où il travaillait comme ajusteur.

Engagement à la Cgt, où le militant a gravi tous les échelons de la hiérarchie syndicale dans l’usine et a pris part en tant que secrétaire du comité central d’entreprise du groupe sidérurgique Sacilor à d’importantes négociations ; il participe aujourd’hui aux travaux de l’institut de l’histoire sociale Cgt de Lorraine sur la mémoire des luttes.

Engagement dans le mouvement mutualiste, qu’il a rejoint en 1941, en adhérant à la mutuelle de l’usine. Celle-ci, créée en 1902 sous la forme d’une caisse de secours mutuels, a connu de nombreuses mutations jusqu’à sa fusion avec la Mutuelle Familiale. Evariste Vicini, membre fondateur d’une mutuelle rénovée en 1964, en a été président jusqu’en 1997. Il a aussi été maire de la commune de Doncourt-lès-Conflans, où il réside toujours.

Pour lui, l’action mutualiste ne se limite pas à une intervention complémentaire de celle de la Sécurité sociale.« Elle a vocation à appréhender l’ensemble des champs sociaux, économiques et culturels qui fondent l’existence d’un être humain », estime-t-il. Il évoque les besoins en santé, avec par exemple le centre dentaire créé à Homécourt dès 1968, mais aussi l’aspiration à des loisirs et des vacances, avec l’Umo (Union de la mutualité ouvrière de Meurthe-et-Moselle, créée par Elio Fiorani, de Villerupt, puis Union des mutuelles et des œuvres sociales interrégionales), qu’il a présidée en 1987.

« Nos centres sur la Côte d’Azur et en Corse ont permis à des milliers de familles de connaître leurs premières vacances à la mer, souligne-t-il. Si l’Umo n’existe plus, il reste l’association Univac, à laquelle les mutuelles sont adhérentes. » Evariste Vicini cite également le partenariat, dès sa création en 2002, avec l’association Marche et rêve, qui organise chaque année à Homécourt et Jœuf le Festival des rencontres sociales.

Facebook

Twitter

Newsletter

Chaque mardi, recevez l'essentiel de l'information. Abonnez-vous à (ou désabonnez-vous de) :

Dossier

Mai 2013

Prévention : la France peut mieux faire

Dossier prévention
S'il vaut mieux prévenir que guérir, dans les faits, ce n’est pas si simple. La prévention, souvent efficace, manque parfois sa cible...

Sur le même thème

Mutualité

79 % des Français préfèrent les mutuelles

« C'est la prime à un acteur historique, mais aussi une confiance apportée aux valeurs », souligne Bruno Jeanbart, directeur d'études chez Opinion (...)