Du cannabis à la schizophrénie : sortir du tabou
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Le laboratoire Janssen-Cilag recevait dans le cadre de la semaine du médicament des classes de troisième et de terminale S de la région parisienne sur son campus de Val-de-Reuil (Normandie). Avec pour objectif de les informer sur le bon usage des médicaments et les sensibiliser aux dangers des addictions.
« Ce n‘est pas du marketing explique Ines Hammer, responsable de la communication du groupe Janssen-Cilag qui a son siège a Issy-les-Moulineaux mais de l’information ». L’objectif de la visite était d’expliquer à des jeunes dont ce sera peut-être le métier demain, ce qu’est un médicament, combien de temps est nécessaire pour le concevoir et le produire. Certains ont visité une unité de production et d’autres, le laboratoire de recherche de cette entreprise.
« Nous avons vu les machines qui produisent les médicaments et les emballent » témoigne ainsi Antoine, intéressé par un possible débouché professionnel dans la branche pharmaceutique.
« Une quinzaine d’années est nécessaire pour concevoir un médicament rappelle la responsable de communication ce qui étonne parfois les jeunes. La prévention des maladies est aussi un bon angle pour aborder la question du médicament » même si la règle est de ne pas parler des traitements proposés par le laboratoire. Les collégiens ont été sensibilisés au sida, aux maladies sexuellement transmissibles et la contraception, les lycéens ont été informés sur les addictions, alcool, tabac et cannabis.
L’échange pédagogique organisé avec Nicolas Franck, psychiatre et professeur au Chu de Lyon, a permis de mettre les points sur les i dans des classes où la moitié des élèves se sont déjà vus proposer du cannabis.
« Il est important de savoir repérer autour de vous quels sont ceux qui ont des troubles du vécu » alerte le professeur Franck rappelant que la consommation du cannabis favorise l’entrée dans la schizophrénie.
« C’est une maladie sévère qui débute entre quinze et vingt-cinq ans, difficilement diagnostiquée. Elle concerne 300 000 personnes mais comme elle fait peur, c’est une question taboue, ce qui souvent retarde la mise en place des traitements.
Les symptômes de la schizophrénie sont le délire, les hallucinations, l’impression que quelqu’un veut vous influencer de l’extérieur, ou encore la désorganisation, la difficulté à engager des actions et à ressentir des émotions, à construire des discours. Cette maladie est entre autres traitée par des neuroleptiques, dont un est fabriqué par Janssen-Cilag mais pas seulement, bien d’autres formes de traitements, psychologiques et social. Les techniques de remédiation cognitive dont le laboratoire lyonnais du professeur Franck s’est fait une spécialité, entrent en jeu. « On peut contraindre une personne qui souffre ou qui devient dangereuse pour elle-même à se soigner » rappelle l’universitaire, ce n’est pas un mal. Chez les patients atteints de schizophrénie, le taux de suicide est de 15% lorsque la maladie n’est pas soignée. Ce qui est énorme !!!
[05.11.08]
Marianne Rolot
La schizophrénie, la reconnaître et la soigner, de Nicolas Franck aux éditions Odile Jacob
A savoir
Tout le monde n’est pas égal devant la drogue, il y a une composante génétique qui favorise le mal être. 60% des fumeurs de tabac, 39% des consommateurs d’alcool, 23% de consommateurs de cannabis deviennent dépendants.
Janssen-Cilag produit entre autres des médicaments qui soignent la schizophrénie, l’épilepsie et la maladie d’Alzheimer.