jeudi 9 février 2012
Les principes de solidarité ont prévalu lors de la création des systèmes de sécurité sociale. Ils sont aujourd’hui remis en cause dans bon nombre de pays européens.
Dans la plupart des pays européens, les systèmes de protection sociale se sont bâtis, après 1945, sur des principes de solidarité. L’objectif affiché alors était de garantir le droit de tous à la santé.
L’accès aux soins ne devait pas dépendre des revenus du malade. Il s’agissait aussi de limiter l’emprise des assurances privées, susceptibles de discriminer les personnes de santé fragile par des cotisations élevées, voire de refuser leur prise en charge.
C’est le principe fondateur de la Sécurité sociale : chacun finance en fonction de ses revenus et reçoit en fonction de ses besoins.
La question de la protection sociale est de nouveau à l’ordre du jour dans l’Union européenne. Chaque Etat garde la liberté de déterminer sa politique en la matière, mais tous adoptent des positions similaires avec une double orientation : limitation des dépenses sociales publiques, et introduction de la concurrence dans le système de soins.
Les raisons invoquées pour mener des réformes de type libéral sont communes à tous les gouvernements : vieillissement de la population, hausse du coût des techniques médicales modernes, aggravation des déficits qui imposerait une maîtrise comptable des dépenses, responsabilisation des assurés. Partout, le modèle social européen solidaire est mis à mal.
Au prétexte de la compétitivité des entreprises, l’objectif est de baisser le coût du travail et donc de réduire massivement les prélèvements obligatoires. Les exonérations de cotisations sociales deviennent monnaie courante sans pour autant faire la preuve de leur efficacité en matière d’emploi. Les dépenses non remboursées par l’assurance de base se multiplient.
Les réformes en Europe planifient l’éclatement des systèmes de santé entre une couverture minimale à un bout et la montée de l’assurance privée pour ceux qui le peuvent à l’autre bout.
Ce choix ne ralentit pas l’augmentation des dépenses de santé – le pays le plus libéral en la matière (les Etats-Unis) est aussi celui où l’on dépense le plus pour se soigner –, mais il transfère cette charge sur le dos des malades et accélère la privatisation de l’offre de soins.
[04.01.10]
Didier Berneau
Avec la création de la Sécurité sociale, en 1945, nous nous sommes dotés d’un système de protection sociale à vocation universelle. Mais aujourd’hui, de nombreux Français ne peuvent plus se soigner. Les raisons sont financières, mais pas seulement. (...) [01.02.12] • Réagir
Indemnisations des arrêts maladieLa création d’un jour de carence pour les fonctionnaires et la baisse du montant maximal des (...) [01.02.12]

Dans le Val-de-Marne, la Caf externalise ses files d’attentesLes Caisses d’allocations familiales (Caf) sont débordées ces derniers mois. Les files d’attente (...) [26.01.12]

Les Français doutent de leurs possibilités de faire face à leurs dépenses de santé à l’avenirGlobalement, les Français estiment toujours que notre système de santé est performant (51 %), (...) [18.01.12]
Jean-Paul Benoit : la Tva sociale "est une entourloupe" qui transfère le financement de la Sécu sur les ménagesJean-Paul Benoit est vice-président de la Fédération des Mutuelles de France (Fmf). Que pensent (...) [11.01.12]

30 milliards d’allègement de cotisations sociales pour les employeurs, Tva pour tous les autres ?Nicolas Sarkozy l’a annoncé le 31 décembre dernier lors de ses vœux aux Français. Il souhaite (...) [10.01.12]