Fermeture de blocs opératoires et de maternités : un cadeau du privé ?
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Le gouvernement envisage
de publier, avant la fin de
l’année, un arrêté qui imposerait
la fermeture des blocs
opératoires où se pratiquent
moins de 1 500 interventions
par an. Cela concerne 182 établissements,
qui pourraient
donc rapidement disparaître du
paysage sanitaire. Le texte porterait
également sur les services
de chirurgie gynécologique où
le nombre de séjours est inférieur
à 100 par an ; 28 maternités
sont visées.
Pour justifi er la décision, le ministère
de la Santé met en avant
la « sécurité des patients », argument
régulièrement utilisé pour
diminuer l’offre de soins. L’annonce
a provoqué un tollé. Le
Collectif national des comités de
défense des hôpitaux de proximité
note qu’« une nouvelle fois
les élus locaux et les personnels
ne sont pas consultés, l’intérêt
des personnes et des territoires
est ignoré ». « La sécurité ne repose
pas sur le nombre d’actes
réalisés par site mais sur le
nombre d’actes par chirurgien,
souligne pour sa part la fédération
santé de la Cgt. Face à la
crise démographique, la bonne
solution n’est pas la fermeture
d’hôpitaux, mais une activité
des médecins et des chirurgiens
répartie sur plusieurs sites. »
La chirurgie est un service essentiel
à l’activité des hôpitaux. Sa
fermeture signerait en fait leur
arrêt de mort. Leur disparition
(ce sont essentiellement des
hôpitaux publics) laisserait le
champ libre aux cliniques. Les
secteurs où les patients n’ont
plus accès à des professionnels
de la santé respectant les tarifs
de la Sécurité sociale risquent
donc d’être encore plus nombreux
demain. Aujourd’hui,
plus des deux tiers des chirurgiens
exercent déjà dans le privé
commercial, où sont souvent
pratiqués des dépassements
d’honoraires.
[01.12.09]
Didier Berneau