jeudi 9 février 2012
Le gouvernement envisage de publier, avant la fin de l’année, un arrêté qui imposerait la fermeture des blocs opératoires où se pratiquent moins de 1 500 interventions par an. Cela concerne 182 établissements, qui pourraient donc rapidement disparaître du paysage sanitaire. Le texte porterait également sur les services de chirurgie gynécologique où le nombre de séjours est inférieur à 100 par an ; 28 maternités sont visées.
Pour justifi er la décision, le ministère de la Santé met en avant la « sécurité des patients », argument régulièrement utilisé pour diminuer l’offre de soins. L’annonce a provoqué un tollé. Le Collectif national des comités de défense des hôpitaux de proximité note qu’« une nouvelle fois les élus locaux et les personnels ne sont pas consultés, l’intérêt des personnes et des territoires est ignoré ». « La sécurité ne repose pas sur le nombre d’actes réalisés par site mais sur le nombre d’actes par chirurgien, souligne pour sa part la fédération santé de la Cgt. Face à la crise démographique, la bonne solution n’est pas la fermeture d’hôpitaux, mais une activité des médecins et des chirurgiens répartie sur plusieurs sites. » La chirurgie est un service essentiel à l’activité des hôpitaux. Sa fermeture signerait en fait leur arrêt de mort. Leur disparition (ce sont essentiellement des hôpitaux publics) laisserait le champ libre aux cliniques. Les secteurs où les patients n’ont plus accès à des professionnels de la santé respectant les tarifs de la Sécurité sociale risquent donc d’être encore plus nombreux demain. Aujourd’hui, plus des deux tiers des chirurgiens exercent déjà dans le privé commercial, où sont souvent pratiqués des dépassements d’honoraires.
[01.12.09]
Didier Berneau
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