lundi 21 mai 2012
Asphyxié par les restrictions budgétaires et les logiques financières, l’hôpital public doit retrouver les moyens dont il a besoin.
Personnel débordé au bord de la crise de nerfs, délais d’attente insupportables pour certaines opérations, urgences saturées dans de nombreux établissements, fermetures de lits par milliers, quand ce n’est pas de services entiers… C’est la réalité vécue aujourd’hui dans beaucoup d’établissements, du moins dans ceux qui n’ont pas été tout simplement fermés au nom de la sécurité, motif qui reste souvent encore à démontrer. Face à des logiques comptables et financières, l’hôpital public se trouve dans une situation intenable, tandis que des régions entières sont transformées en véritables déserts sanitaires et que l’accès aux soins n’est plus assuré pour de nombreuses personnes. Alors qu’ils n’arrivent pas à joindre les deux bouts, des centaines d’hôpitaux, dont la grande majorité des centres hospitalo-universitaires (Chu), sont sommés par le gouvernement d’équilibrer leur budget d’ici à 2012. Selon la Fédération hospitalière de France, pour parvenir à cet objectif, ce sont 20 000 emplois qui devraient être supprimés, dont 3 000 à 4 000 pour la seule Assistance publique-Hôpitaux de Paris.
Et ce n’est pas le nouveau mode de financement, dit tarification « à l’activité » – la T2A –, qui va arranger les choses ! Encourageant le développement des activités les plus rentables au détriment des autres, la T2A va petit à petit conduire les établissements à trier entre les « bons » malades – ceux qui rapportent – et les « mauvais » – ceux qui coûtent. C’est le cas de certaines cliniques privées, qui multiplient des actes rémunérateurs, comme la chirurgie de la cataracte ou les accouchements par césarienne sans raison médicale toujours évidente. Quant à la mission d’accueillir tous les patients, et notamment ceux qui sont en difficulté sociale… Parce qu’il permet l’accès aux soins pour tous, l’hôpital public joue un rôle essentiel dans notre système de santé. Il est indispensable de lui redonner les moyens de tenir ce rôle.
Les pistes
▶ Affecter des ressources suffisantes à l’hôpital public, afin de lui permettre de répondre aux besoins de santé de toute la population.
▶ Mettre fin aux fermetures abusives d’hôpitaux de proximité et travailler à des partenariats entre établissements de proximité et grands centres hospitaliers.
▶ Mieux tenir compte des missions de service public remplies par l’hôpital dans son mode de financement (accueil de tous les patients, enseignement et recherche, soins de proximité).
▶ Combattre les dépassements d’honoraires qui se multiplient au sein même des hôpitaux publics.
[04.10.10]
Martin Braun
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