lundi 21 mai 2012
Les laboratoires voudraient bien vendre plus de traitements hormonaux substitutifs (Ths) de la ménopause. Mais les Ths doivent être réservés aux femmes souffrant de bouffées de chaleur, aux doses les plus faibles et pour une durée la plus courte possible, vient de réaffirmer le Dr Anne Castot de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), lors d’un colloque sur le sujet organisé par les Laboratoires Besins International le 13 juin à Paris.
En outre, les Ths ne doivent pas être prescrits en première intention à des femmes jeunes pour lutter contre l’ostéoporose.
Les recommandations de l’Afssaps ne sont pas nouvelles : depuis fin 2003, en effet, ses experts optent pour la prudence.
Si l’agence réaffirme sa position aujourd’hui, c’est que la prescription de Ths fait toujours débat aujourd’hui depuis qu’une vaste étude américaine, Whi, a montré, en 2002, que la prise d’hormones de substitution chez les femmes ménopausées provoquait une légère augmentation du risque de cancer du sein. Certes, les femmes suivies - des américaines - étaient en moyenne plus âgées et plus grosses que les françaises sous Ths et les traitements prescrits ne sont pas les mêmes qu’en France, néanmoins le doute s’est immiscé aussi bien chez les patientes que chez les gynécologues.
D’autant que, peu après, une étude anglaise, Nws, a confirmé les résultats de la Whi. En France, une étude auprès de 70 000 femmes, E3n, souligne également un léger sur-risque de cancer du sein chez les femmes sous Ths (risque muliplié par 1,4 et ce quelle que soit le mode d’administration (voie orale, transdermique, etc.) et la durée du traitement, même courte (2 ans).
Seule bonne nouvelle : pour le moment, seuls les Ths associant des œstrogènes et des progestatifs de synthèse montrent une augmentation du risque de cancer du sein. En revanche, les traitements associant des œstrogènes et des progestatifs micronisés (les plus proches de nos hormones naturelles) ne révèlent pas d’augmentation du risque.
Pour en savoir plus, l’Afssaps lance une nouvelle étude. Au vu de ses résultats, elle se dit prête à revoir ses recommandations. Les laboratoires cachent à peine leur impatience : les ventes de Ths ont, en effet, considérablement baissé en France. En 2002, 2,5 millions de françaises prenaient un Ths contre 1,6 million aujourd’hui. Les femmes ont également changé de traitement : 45 % des femmes traitées prennent désormais un Ths micronisé contre 25 % il y a quatre ans.
La mise au point de l’Afssps (fin 2003) :
http://agmed.sante.gouv.fr/htm/10/ths/ths.htm
[14.06.06]
Brigitte Bègue
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