lundi 21 mai 2012
La Mutuelle Familiale a envoyé à certains de ses adhérents parisiens un bref questionnaire les invitant à évaluer leurs risques de développer une maladie cardio-vasculaire. Objectif : leur proposer Tensioforme, un programme expérimental d’éducation thérapeutique gratuit.
Prenez-vous un médicament pour traiter l’hypertension, le cholestérol, le diabète ? Vous arrive-t-il de fumer ? Etes-vous quelqu’un de sédentaire ? Considérez-vous que vous êtes en surpoids ?…
En répondant à ce questionnaire, l’adhérent qui l’a reçu peut savoir s’il est concerné par Tensioforme, un programme mis en œuvre par la Mutualité française avec la Mutuelle Familiale et six autres mutuelles afin de réduire les risques d’hypertension artérielle (Hta).
A l’origine de ce projet, il y a la volonté du mouvement mutualiste de développer des actions innovantes, en partenariat avec l’assurance-maladie, pour une meilleure prise en charge des maladies chroniques. Il est destiné à limiter les complications cardio-vasculaires chez les patients atteints d’hypertension et à éviter l’entrée dans la maladie aux personnes à risque.
A l’issue du questionnaire, l’adhérent analyse ses réponses et, en fonction des résultats, peut appeler, comme cela lui est proposé, le 3935, le service de Priorité santé mutualiste (Psm), où un médecin s’assurera qu’il est éligible à Tensioforme et lui fixera un premier rendez-vous dans un centre médical associé à l’opération.
Le participant au programme, qui dure un an, suivra trois modules distincts : éducation thérapeutique du patient, activité physique adaptée avec un éducateur sportif spécialisé, et, au choix, équilibre alimentaire ou arrêt du tabac (entretiens par téléphone avec un diététicien ou un tabacologue de Psm). Car, en amont ou en complément d’un traitement médicamenteux, le mode de vie a un rôle essentiel dans la normalisation de la tension.
Le module d’éducation thérapeutique se déroule dans un centre de santé, où la première séance, collective, concerne l’automesure de la tension. Une infirmière explique l’intérêt de la démarche, remet un autotensiomètre à l’adhérent et lui indique comment l’utiliser. La deuxième, individuelle, permet d’établir un diagnostic éducatif.
« La personne aura apporté le résultat de ses prises de tension par automesure et on procédera à quelques examens – poids, tour de taille, bilan biologique. Nous allons aussi discuter de ses motivations, de ses habitudes de vie, de ses connaissances sur l’hypertension, etc. », explique Véronique Villars, infirmière au centre de santé de l’avenue Richerand, dans le Xe arrondissement, qui est géré par l’Union des mutuelles d’Ile-de-France (Umif), l’une des cinq structures parisiennes du dispositif.
Cet entretien permettra de définir des objectifs réalisables par le patient. Suivront des séances collectives pour mieux connaître la maladie, ses traitements, sa prévention, puis une dernière séance individuelle de bilan.
« L’hypertension est une maladie silencieuse et fréquente, plutôt banale, ce qui fait que les gens ne se rendent pas toujours compte des risques. Beaucoup ne la prennent pas assez au sérieux pour suivre les recommandations, estime sa collègue, Catherine Voidey. Avec l’éducation thérapeutique, on accompagne la personne dans sa maladie, on l’aide à mieux se prendre elle-même en charge. »
Comme toutes les infirmières référentes de Tensioforme, elles ont suivi une formation organisée par la Mutualité française. Des décrets et arrêtés relatifs à l’éducation thérapeutique sont parus au Journal officiel du 4 août dernier. « C’est vraiment nouveau. J’avais déjà fait de l’éducation thérapeutique auprès de malades asthmatiques. Mais on créait nos propres outils. Là, c’est un programme qui a été élaboré par un comité scientifique », ajoute Véronique Villars.
[01.04.11]
Sylvaine Frézel
Le programme expérimental qui se déroule à Paris
et à Saint-Etienne (Loire) concerne les hommes
de plus de 45 ans et les femmes de plus de 50 ans. C’est donc aux adhérents parisiens de cette tranche d’âge, retenue par le comité scientifique de Tensioforme, que la Mutuelle Familiale adresse
le questionnaire. Pour ne pas engorger les centres de santé, il y aura plusieurs vagues d’envois durant une période de six mois.
Les mutuelles participantes n’ont pas accès aux données médicales individuelles et disposeront uniquement d’une synthèse anonymisée permettant d’évaluer le nombre de leurs adhérents inscrits. Cette démarche de prévention sera évaluée dans le but d’être généralisée.
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