Santé

Infarctus : les femmes aussi

Pourquoi les femmes sont-elles menacées ?

On croyait que les maladies cardio-vasculaires (infarctus, angine de poitrine, insuffisance cardiaque, accidents vasculaires cérébraux…) étaient l’apanage des hommes, mais les femmes sont, elles aussi, de plus en plus concernées. En France, ce type d’affections tue sept fois plus que le cancer du sein.
Or, souvent, les femmes ne se sentent pas menacées, pensant que leurs hormones les protègent. Les œstrogènes, en effet, empêchent le dépôt de graisses sur la paroi des artères. Mais, après la ménopause, les bouleversements hormonaux inversent la tendance, d’autant plus si les femmes cumulent les facteurs de risques   : tabagisme, sédentarité, surpoids, diabète…
De même, si les femmes avant la ménopause ont moins d’hypertension artérielle que les hommes, leur pression sanguine augmente progressivement après cinquante-cinq ans, multipliant de fait par trois le risque de maladies cardiaques. Idem pour le taux de cholestérol. Après cinquante-cinq ans, le bon cholestérol (Hdl), qui protège les artères, a tendance à baisser, tandis que le mauvais cholestérol (Ldl) augmente.

Quels sont les signes d’alerte  ?

Les femmes présentent parfois le signal d’alerte typique d’un infarctus   : une intense douleur dans la poitrine en arrière du sternum. Oppressante, cette douleur peut irradier dans le cou, la mâchoire, le bras gauche ou les deux bras, et s’étendre dans le dos ou le ventre.
Mais les symptômes peuvent être aussi moins évidents  : une douleur dans la poitrine et l’abdomen accompagnée d’une sensation de grand malaise général, voire un simple essoufflement, un mal au ventre ou dans le dos… Le danger réside justement dans la banalité de ces signes. Minorés par la patiente elle-même ou par le corps médical, ils peuvent mener à un retard dans le diagnostic et dans la prise en charge.
Si les infarctus sont en effet moins fréquents chez la femme que chez l’homme (15 000 contre 25 000), ils sont plus souvent mortels. La survenue d’un infarctus est une urgence, appelez sans tarder le 15 (Samu).

Quelle prévention  ?

A partir de cinquante ans, pensez à demander à votre médecin traitant un bilan biologique complet permettant de déceler un éventuel diabète de type 2 ou une hypercholestérolémie, qui accentuent les risques cardio-vasculaires, et faites contrôler au moins deux fois par an votre tension artérielle.
Si vous êtes fumeuse, le mieux est bien évidemment de laisser tomber le tabac  : le risque cardiaque diminue de moitié après un an de sevrage. Demandez de l’aide à votre médecin traitant ou à votre gynécologue.
De même, augmentez votre consommation de fruits et de légumes, et limitez celle en viande rouge, en graisses et en sucres.
Et bougez  : jardinage, marche, vélo, natation… tout cela est bon pour le cœur. En revanche, le traitement hormonal substitutif n’a pas démontré d’effets protecteurs.
Enfin, si vous avez des antécédents de maladies cardio-vasculaires dans votre famille ou des facteurs de risques importants avant la ménopause, un suivi régulier par votre médecin s’impose.

 

-  [04.01.10]   Sylvie Boistard

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