Interview : « Nous sommes submergés d’appels à l’aide »
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Max-André Doppia, anesthésiste au Chu de Caen, secrétaire général du Snphar
Pourquoi avez-vous créé un observatoire de la souffrance au travail en milieu hospitalier ?
Nous sommes réellement submergés d’appels à l’aide de collègues. Pas seulement des anesthésistes-réanimateurs. Personnellement, je travaille depuis près de dix ans sur cette thématique. On n’en parlait pas du tout en France, contrairement au Canada, par exemple. Après l’enquête européenne Presst-Next [1], pour les infirmières, je me suis dit qu’il fallait mettre en place la même chose pour les médecins. Cela a donné l’enquête Sesmat. Mais il faut maintenant un observatoire.
Que vous fixez-vous comme objectifs avec cet observatoire  ?
Nous aimerions construire une sorte de fiche signalétique pour aider nos collègues à prendre les bonnes décisions. Et savoir quand les orienter plutôt vers une consultation de souffrance au travail que vers une consultation juridique, à quel moment il faut passer un coup de fil à leur administration pour l’alerter ou les soutenir, et savoir repérer si le problème est lié à une question de relation interprofessionnelle. Il est important, pour nous, syndicat, d’avoir une remontée de ce qui se passe et pouvoir aider nos adhérents au mieux. Nous travaillons avec des experts, notamment des sociologues, pour élaborer cet outil.
[01.02.10]
Anne-Marie Boulet
[1] Promouvoir en Europe santé et satisfaction
des soignants au travail-Nurses’ early exit study.
A Lille, un colloque sur la souffrance des soignants
A Lille, un colloque sur la souffrance des soignants
La Smh, qui mutualise quelque 14 000 adhérents parmi les personnels hospitaliers
et de santé dans le Nord et le Pas-de-Calais, après un premier colloque sur la souffrance
des soignants en 2008 à Bailleul (Nord), a organisé à Lille, en partenariat avec l’Association nationale de formation continue des hospitaliers (Anfh), le cabinet Emergences et Viva,
une deuxième journée de réflexion sur ce thème, le 21 janvier. Pour la vice-présidente
de la Smh, Béatrice Torrez, infirmière de formation et élue au comité d’hygiène,
de sécurité et des conditions de travail (Chsct) de son établissement, «  les problèmes
de souffrance au travail sont en augmentation depuis 2002. Le phénomène s’est encore accentué à partir de 2007, avec la mise en place de nouvelles organisations du travail ».