Ce qu’ils en disent

Jean-Paul Panzani : « La mutualité fait très clairement le choix de la solidarité nationale  »

Jean-Paul Panzani est le président de la Fédération des mutuelles de France.

Prendre en charge la dépendance, qu’est-ce, sinon garantir à chacun les conditions de son autonomie, de sa liberté et de sa dignité tout au long de son existence  ? Notre société nous apporte-t-elle toutes ces garanties  ? Certainement pas. Personne ne pouvait s’imaginer qu’un jour et si rapidement nous serions confrontés à cette révolution des âges.
A qui faut-il s’en remettre  ? A nous-mêmes, en étant prévoyant pour nos vieux jours qui seront plus longs  ? A notre famille, sur laquelle nous devons pouvoir compter comme elle a toujours pu compter sur nous  ? A l’Etat, qui nous doit protection  ? A la Sécurité sociale, dans la mesure où la dépendance est un risque social au même titre que la maladie ou la vieillesse  ?
Toutes ces questions sont légitimes. Elles disent l’ampleur des moyens et des intervenants qu’il faudra mobiliser pour relever le défi de la prise en charge de la dépendance.
Devant une question sociale aussi nouvelle nous sommes, les uns et les autres, dans la position de donner des réponses neuves et de les construire dans la délibération publique.

Je regrette, pour ma part, que la concertation officielle organisée par le gouvernement soit aussi institutionnelle et aussi peu ouverte sur la société, alors que les questions en jeu interrogent chacun de nous dans ce qu’il a de plus profondément intime et personnel.
Les réponses devront être nouvelles. La prise en charge de la dépendance, dans un cadre de protection sociale, ne se résume pas au versement d’une rente. Elle exigera d’accompagner les personnes concernées pour les aider à rester autonomes, libres et dignes. Les conditions de cet accompagnement n’existent pas encore à la dimension nécessaire pour répondre aux attentes d’autonomie et aux besoins de prise en charge quand deviennent défaillantes la volonté de l’esprit ou les capacités de l’organisme. La mutualité entend s’impliquer dans la construction de ces réponses nouvelles, mais sur la base de valeurs fortes.
La mutualité fait très clairement le choix de la solidarité nationale. Elle fait le choix d’un financement collectif assis principalement sur la richesse produite et sur une fiscalité équitablement répartie, c’est-à-dire progressive, sans niches fiscales injustifiées et sans bouclier fiscal. La mutualité fait le choix d’être complètement partie prenante, avec des prestations complémentaires et un accompagnement des personnes, d’une prise en charge solidaire de la dépendance.

 

-  [24.05.11]   François Fillon

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