jeudi 9 février 2012
L’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France a dans ses cartons un projet de réduction drastique des services chirurgicaux d’urgence la nuit, les week-end et les jours fériés dans les hôpitaux de la région, hors les 21 établissements de Paris qui ne serait pas concernés pour l’instant.
Le Parisien (04/09/2010) a publié les éléments d’une note de l’ARS intitulée « Permanence des soins hospitaliers : organisation et financement » selon laquelle le nombre de ces services devrait passer de 6 à 11 par département aujourd’hui à un seul. L’agence estime que « trop de blocs opératoires tournent au ralenti la nuit ».
Cette « rationalisation » – qui n’est qu’un document de travail pour ouvrir la réflexion selon Claude Evin, le président de l’ARS – permettrait selon l’agence « d’assurer un égal accès aux soins sur tout le territoire »...
Les professionnels de santé en doutent : un projet « impensable » et « potentiellement dangereux » pour les malades dénonce la Coordination médicale hospitalière (CMH) qui estime une refonte des urgences nécessaire mais dénonce la confusion des genres entre la tranche 18 heures minuit très intense et la deuxième partie de nuit où l’activité est très faible.
Pour les médecins de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) ce projet relève d’une logique « uniquement financière », inacceptable.
« Nous ne sommes pas là pour répondre à des objectifs de productivité, nous sommes présents pour répondre à l’inattendu et à l’imprévisible, pour répondre à ce qui n’est pas programmable » declare l’Amuf.
Que ce passera-t-il « quand il ne restera dans la plupart des hôpitaux qu’un médecin urgentiste à l’accueil avec du personnel soignant mais plus de chirurgien, plus de radiologue ni de biologiste sur place ? ».
Enfin, le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI-CGC) déclare qu’il s’agit « d’une nouvelle étape dans la réduction de l’offre de soins, après les fermetures de maternités, de blocs opératoires, de centres d’IVG, etc. […] avec son excès de zèle, Claude Evin confond rationaliser avec rationner !". Un seul bloc par département dans une région de 12 millions d’habitants, c’est mettre en danger la population ».
Un chiffre : la région Ile-de-France compte 8 départements – Paris, les Hauts-de-Seine (92), la Seine-Saint-Denis (93), le Val-de-Marne (94), l’Essonne (91), la Seine-et-Marne (77), le Val-d’Oise (95) et les Yvelines (78) – avec près de 12 millions d’habitants au total.
[06.09.10]
Le site de l’ARS :
www.ars.iledefrance.sante.fr
Le communiqué de l’Amuf :
www.amuf.fr/
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