L'Italie reconnaît le lien entre tumeur et téléphone portable
Une tumeur au cerveau liée à un usage intensif du téléphone portable vient d'être reconnue comme maladie professionnelle par la Cour de cassation italienne. La cour, saisie par un cadre supérieur atteint d'une tumeur du cerveau après douze années d'utilisation intensive d'un mobile pour son activité professionnelle, a reconnu valides, dans son jugement, les références scientifiques produites par la défense lors du premier procès. En revanche, elle a rejeté les résultats des études scientifiques financées par des entreprises, estimant qu'il y avait là conflits d'intérêts.
La Cour de cassation italienne a estimé par ailleurs que les impacts de l'usage de la téléphonie mobile sur la santé étaient minimisés dans ces dernières études. Le plaignant recevra donc une pension d'invalidité de la part de son organisme d'assurance-maladie.
Une décision importante
Voilà une décision de justice qui va relancer, en Europe, le débat sur les effets des ondes électromagnétiques. Une étude nordique, publiée en 2008, minimisait les risques. Malgré des alertes de scientifiques, des jugements également rendus aux Etats-Unis depuis 2006 à propos de semblables pathologies chez des salariés de compagnies de téléphonie mobile, des revendications fortes de la par de certaines associations -tel le CRiirem, fondé par Michèle Rivasi-, la France par exemple a du mal à prendre au sérieux la dangerosité potentielle des ondes émises par les téléphones cellulaires.« Il faut 10 ans pour développer un cancer du cerveau », arguait dans nos pages Annie Sasco, épidémiologiste.
Et les jeunes enfants, dont le cerveau est encore en pleine évolution, sont d'autant plus susceptibles de développer des tumeurs. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) et l'Organisation mondiale de la santé (Oms) reconnaissent du reste, depuis mai 2011, les ondes émises par les téléphones cellulaires comme « potentiellement cancérogènes ».

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