mardi 22 mai 2012
Difficultés pour l’accès aux soins avec l’instauration des franchises, manque de soignants de proximité, attaques contre l’hôpital public... : pour son 33e congrès, tenu les 7 et 8 décembre à Toulouse, le Syndicat de la médecine générale (Smg) a choisi de s’intéresser à l’importance du collectif, à la façon de conjuguer les intérêts individuels et général.
« Plutôt que se demander comment enrayer les déserts sanitaires, il faudrait d’abord s’interroger sur ce qu’un jeune médecin généraliste attend pour s’installer ? », s’interrogeait une jeune médecin, le 8 décembre dernier, lors du congrès national du Syndicat de la médecine générale (Smg) tenu à Toulouse.
Ainsi, aux mesures autoritaires qui « obligeraient » des médecins à s’installer dans les zones déficitaires, ou même aux incitations financières, guère plus efficaces, le Smg oppose d’autres solutions, à commencer par l’organisation collective du travail.
Ainsi, au sein d’une profession qui se féminise à vitesse grand V, certains jeunes généralistes sont prêts à s’installer en milieu rural, semi-rural ou en banlieue, sous plusieurs conditions : exercer aux côtés d’autres médecins, dans une structure professionnelle – par exemple dans une maison de santé pluridisciplinaire de proximité –, se répartir les gardes (de nuit et de week-ends), être à proximité d’un centre de référence hospitalier et dans une zone où demeurent des services publics et des transports en commun, et où l’éventuel conjoint puisse lui (ou elle)-même travailler.
Lorsque l’on débute comme médecin généraliste, avec seulement six mois à un an de stage sur le terrain (auprès d’un médecin expérimenté), on appréhende forcément de travailler seul. Or, l’évolution du paysage actuel avec la fermeture d’hôpitaux de proximité et d’autres services publics ne plaide pas en faveur de l’installation dans un désert sanitaire.
Certes, les jeunes généralistes présents au congrès du Smg ne sont pas majoritaires dans leur corporation, mais ils sont conscients des enjeux du manque de soignants, notamment en termes d’aménagement du territoire.
Cette question de la démographie médicale, corrélée à la politique d’installation qu’il faudrait engager pour réduire les inégalités, a été largement abordée par le congrès du Smg, à l’instar des nouvelles mesures « injustes et inefficaces » que sont les franchises médicales ou encore le bouclier sanitaire.
Et de s’interroger sur comment enrayer la transformation actuelle d’un système solidaire, à un système assurantiel privé, dans lequel plus on est malade, plus on doit payer, pour accéder aux soins ?
[11.12.07]
Karine Pollet
Le site du Smg :
www.smg-pratiques.info
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