mardi 22 mai 2012
Blessures, stress, forte consommation de médicaments : une enquête de l’observatoire régional de la santé met en lumière les risques courus par les jeunes pratiquant un sport de façon intensive. Ses auteurs soulignent la nécessité de leur apporter un soutien psychologique.
« On leur demande d’être bons en sport et bons à l’école, et souvent de travailler cinquante-neuf heures par semaine, loin de leur famille et de leurs amis, explique Luc Guibert, psychologue spécialisé dans le suivi des sportifs. Les risques de répercussions sur la santé sont donc grands, même si 90 % des jeunes de 16 à 24 ans de la Région Paca pratiquant un sport intensif se disent en bonne santé. »
L’observatoire régional de la santé (Ors), qui a mené l’enquête, constate que cette satisfaction diminue avec l’âge et que les problèmes de santé sont plus importants dans les structures où les jeunes sont le plus « poussés ». Ainsi, dans les pôles sportifs et les centres de formation des clubs de football ou de basket, 47 % des jeunes avaient eu une blessure plus ou moins importante dans le mois précédant l’enquête et beaucoup signalent stress, troubles de l’alimentation (souvent liés à un contrôle du poids chez les filles), infections à répétition, fatigue, troubles du sommeil, détresse psychologique. Pour y remédier, les deux tiers disent consommer régulièrement des médicaments.
Les limites doivent être clairement posées
Au cours d’un colloque organisé par le centre régional d’éducation populaire et sportive (Creps) d’Aix-en-Provence, médecins et psychologues ont particulièrement mis en garde contre les « passages à risques » qui guettent les jeunes sportifs : les temps d’arrêt provoqués par une blessure risquant de freiner ou de suspendre entraînement et performances, les échecs en compétition, les fins de carrière, souvent prématurées, qui les laissent désemparés.
Pour écouter et soutenir ces jeunes, une Association régionale des psychologues du sport s’est créée en Paca* sous l’impulsion de la direction régionale de la jeunesse et des sports. L’un de ces spécialistes explique : « Ils ont envie de se donner au maximum, mais ils ne savent pas jusqu’où ils peuvent aller. Il faut donc les accompagner dans leur projet sportif, mais aussi les aider à avoir un projet de vie, leur permettre d’assumer leur rôle d’homme ou de femme. »
[14.04.04]
Françoise Cordier
* Arps, tél. 04 42 93 07 94.
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