mardi 22 mai 2012
Fin novembre s’est tenu à Marseille le Congrès international « Maîtrise des risques et qualité dans les établissements sanitaires et médico-sociaux ». Y participait le Dr Anne-Marie Fuentes, responsable de la coordination des systèmes de vigilance à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille. L’occasion de faire le point sur ce dispositif original.
C’est l’affaire du sang contaminé qui a poussé les médecins et les responsables sanitaires à mettre au point des outils de surveillance tels que l’hémovigilance, qui permet de faire connaître rapidement tout incident lié à une transfusion sanguine.
Depuis, d’autres dispositifs de vigilance ont été créés suivant le même schéma, et la plupart des hôpitaux ont nommé des médecins responsables de la vigilance concernant les médicaments (pharmacovigilance), le matériel médical (matériovigilance), les produits issus du corps humain, organes ou cellules (biovigilance), et, dernièrement, les produits de laboratoire (réactovigilance).
Ces différents dispositifs sont placés, au niveau national, sous la tutelle de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). A l’AP-HM, seuls bénéficient d’un poste de médecin à temps plein le correspondant pour l’hémovigilance et la responsable de la coordination de l’ensemble des vigilances. Comme l’expliquent cette dernière (le Dr Anne-Marie Fuentes) et le Dr Bernard Lassale, responsable de l’hémovigilance, les autres responsables de la vigilance exercent cette tâche supplémentaire bénévolement, tout en continuant à assumer la même charge de travail auprès des patients. Ils sont tenus de consulter régulièrement le site Internet* des vigilances élaboré par la coordination ainsi que leur courrier électronique pour se tenir informés des alertes émanant de l’Afssaps et être à même de prendre les mesures qui s’imposent en cas de nécessité.
Faire participer le personnel soignant
De leur côté, les membres de chaque service doivent prendre le temps de signaler tout incident lié à un produit et les réactions des malades auxquels il a été administré. « La mise en place de ce système représente un travail énorme dans un milieu non préparé, et cela malheureusement au moment où les services ont de grosses difficultés d’organisation, liées au manque de moyens et à la pénurie de personnel », regrette Anne-Marie Fuentes, qui constate qu’il est « difficile de motiver des gens déjà fatigués par leurs conditions de travail ».
La sensibilisation des médecins et du personnel soignant apparaît plus difficile encore dans les hôpitaux qui n’ont pas mis au point une coordination entre les différents dispositifs de vigilance : selon que l’incident concerne un instrument, du sang ou un médicament, il faut alerter un responsable différent, de surcroît souvent difficile à joindre. A l’AP-HM, la coordination apparaissait d’autant plus nécessaire que les activités sont éclatées sur cinq sites.
Parallèlement à la mise en place d’outils informatiques, la création d’une coordination des vigilances a permis au personnel de santé de disposer d’un interlocuteur unique, facilement joignable et disponible. C’est en effet la coordination qui répercute les informations au fur et à mesure qu’elle les recueille et qui peut mettre au point certaines formations lorsqu’elle constate la répétition d’événements indésirables.
« Les systèmes de vigilance permettent une plus grande transparence : l’information sur des incidents dus à une erreur peut ainsi remonter et être partagée, soulignent les Drs Fuentes et Lassale. Ainsi, l’erreur devient alors pédagogique et éveille la vigilance de tous. »
[20.01.04]
Françoise Cordier
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