jeudi 9 février 2012
Le diabète affecte de plus en plus les moins de 15 ans : en France, près de 15 000 enfants en sont atteints. Pourquoi ? Viva fait le point sur cette maladie et ses conséquences.
Qu’appelle-t-on
diabète de type 1 ?
Le diabète de type 1 est la conséquence d’une destruction par le système immunitaire des cellules bêta du pancréas, qui sécrètent l’insuline. Cette hormone est nécessaire à l’organisme pour distribuer aux cellules le glucose apporté par l’alimentation. Sans insuline, le glucose s’accumule dans le sang et les urines. On parle alors de diabète insulinodépendant. L’unique traitement consiste en des injections quotidiennes d’insuline.
Les enfants sont-ils plus touchés qu’avant ?
Le diabète de type 1 se déclare souvent dans l’enfance, avant 20 ans, avec un pic autour de 12 ans. Mais, depuis vingt ans, les spécialistes observent une recrudescence du nombre de cas. La proportion de diabète de type 1 chez les moins de 15 ans a pratiquement doublé en France, où 1 200 à 1 500 nouveaux cas sont observés chaque année. Selon un rapport de l’Inserm de 2007, le diabète affecte également les enfants de plus en plus tôt. Entre 1988 et 1997, l’augmentation du nombre de cas chez les enfants âgés de moins de 4 ans a été de 78 %.
Quelles sont les causes
du diabète de type 1 ?
Cette affection se développe sur un terrain génétique particulier : dans la famille de 10 % des enfants atteints, il existe déjà un diabète de type 1. Dans 90 % des cas, donc, le diabète n’est pas héréditaire. Ces enfants posséderaient des gènes de prédisposition au diabète de type 1, mais ceux-ci ne suffiraient pas, à eux seuls, à déclencher la maladie. C’est leur interaction avec des facteurs environnementaux qui pourrait conduire à l’activation du système immunitaire et à la destruction du pancréas, mais ce processus reste mal connu. Certaines études mettent en avant le lien entre le diabète de type 1 et une affection virale ou un excès d’hygiène, lequel empêcherait la maturation du système immunitaire.
Autre hypothèse : l’introduction trop précoce du lait de vache, du gluten ou des céréales complexes dans l’alimentation infantile. Enfin, certains changements dans la population survenus ces dernières années pourraient être associés au développement de la maladie chez les jeunes : l’élévation de l’âge de la mère lors de la première grossesse, l’âge plus précoce de la puberté ou encore une croissance rapide en poids et en taille de l’enfant avant ses 2 ans. Mais ce ne sont pour l’instant que des hypothèses, et les recherches se poursuivent.
Comment repérer
la maladie ?
Quand un enfant a toujours soif et urine beaucoup, qu’il maigrit et est anormalement fatigué, ce sont des signes qui doivent alerter les parents. Attention également quand l’enfant se met à faire pipi au lit la nuit. Tous ces symptômes sont à prendre très au sérieux. Il s’agit d’une urgence, et l’enfant doit être hospitalisé rapidement. Le diabète peut en effet s’aggraver en quelques heures chez les jeunes enfants et entraîner une acidose diabétique, voire un coma lié au manque d’insuline.
La prise en charge
est-elle contraignante ?
On ne guérit pas du diabète, mais la maladie peut être contrôlée grâce aux injections quotidiennes d’insuline, qui restent indispensables pour réguler le taux de sucre dans le sang (notamment au moment des repas) et préserver la santé de l’enfant. Les complications liées au diabète (troubles visuels, rénaux…) sont très rares ou minimes chez les jeunes, toutefois le traitement reste contraignant. Le plus souvent, ce sont les parents qui font les piqûres, deux à six fois par jour.
Progressivement, l’enfant apprend comment mesurer seul sa glycémie, même si, jusqu’à l’adolescence, il aura besoin de l’aide de ses parents pour adapter les doses d’insuline aux valeurs de glycémie mesurées. La maladie bouleverse souvent la cellule familiale, laquelle doit respecter les règles de bonne alimentation et gérer les inévitables hypoglycémies de l’enfant. De fait, celui-ci peut avoir du mal à accepter les différences que crée sa maladie, notamment par rapport à ses camarades de classe.
Mise au point à la fin des années 1970, la pompe à insuline remplace souvent les piqûres quotidiennes et peut aider les enfants qui ne parviennent pas à réguler leur diabète à éviter les complications liées à un mauvais contrôle de la maladie. Aujourd’hui, un quart des jeunes en sont munis. Pas plus grosse qu’un téléphone portable et reliée à un cathéter sous-cutané, la pompe se glisse facilement dans une poche ou s’accroche à la taille, délivrant en continu l’insuline nécessaire à l’organisme. Elle procure ainsi une plus grande autonomie aux jeunes malades.
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