jeudi 9 février 2012
Plus de 20 % des patients ont recours à l’ostéopathie pour soulager leur dos douloureux, leur arthrose, leurs maux de tête et même leur sinusite… Mais attention ! le geste doit être doux et précis.
Principe de l’ostéopathie : les différentes structures du corps doivent fonctionner librement. Si le fonctionnement d’une structure – muscles, viscères, enveloppes (fascias) entourant différentes parties du corps – vient à être bloqué, même très légèrement, des symptômes peuvent survenir.
Ces blocages sont souvent une réponse à une agression : traumatisme, mauvaise posture, stress… Lorsque l’organisme ne parvient pas à se rééquilibrer seul, le trouble perdure et peut être à l’origine d’une maladie. Pour rétablir l’équilibre, l’ostéopathe utilise des techniques manuelles : palpations, pressions, étirements, élongations, manipulations vertébrales.
C’est un médecin américain, Andrew Taylor Still, qui a inventé l’ostéopathie, en 1874, à partir d’idées issues de la médecine antique (grecque, égyptienne, chinoise) et de la Renaissance. Selon lui, c’est la « structure », c’est-à-dire notre squelette, qui gouverne la « fonction ». Une structure bien équilibrée assurerait le bon fonctionnement des systèmes nerveux, musculaire et circulatoire. — En France, cette pratique restera confidentielle jusqu’en 1960, date à laquelle le Syndicat national des ostéopathes est fondé. L’engouement pour cette médecine manuelle débute véritablement dans les années 1970, avec l’essor des médecines alternatives.
Pour établir son diagnostic, l’ostéopathe doit déceler où se situe la « lésion ostéopathique ». En palpant le corps, il repère les blocages, puis, grâce à des mouvements doux et amples, il rend aux tissus leur mobilité. Son travail ressemble à celui d’un horloger qui doit remettre en fonctionnement un mécanisme qui s’est grippé. Il peut intervenir sur tout le corps.
Néanmoins, la loi impose un diagnostic médical préalable pour les manipulations cervicales et celles effectuées sur les nourrissons de moins de 6 mois, avec l’établissement d’un certificat de non-contre-indication. Une disposition qui limite la pratique des ostéopathes qui ne sont pas médecins.
La plupart des patients qui recourent à l’ostéopathie se disent satisfaits : ils constatent une diminution de l’intensité de leur douleur et une amélioration de leur mobilité. Un constat plutôt empirique : à ce jour, en effet, très peu d’études scientifiques ont évalué l’efficacité de cette pratique.
C’est dans les atteintes affectant le dos (vertèbres lombaires, du rachis, cervicales) qu’elle semble donner les meilleurs résultats, permettant notamment de limiter la prise d’anti-inflammatoires. Elle est indiquée dans le traitement des hernies discales, des lumbagos, des sciatiques, des torticolis, des entorses, de l’arthrose…
Elle soulage aussi certains troubles digestifs (constipation, diarrhées, ballonnements), les hémorroïdes, les maux de tête, les névralgies faciales, l’otite chronique, les vertiges, les bourdonnements, le nez bouché, la sinusite, les douleurs gynécologiques, la cystite, l’énurésie, les états dépressifs, l’hypernervosité, l’anxiété, le stress, les troubles du sommeil, la spasmophilie, les névralgies cervico-brachiales ou intercostales.
Les ostéopathes considèrent eux-mêmes que la médecine conventionnelle est nécessaire pour les maladies graves, purement organiques ou s’accompagnant d’états infectieux ou inflammatoires sévères.
Sur les 13 000 ostéopathes en activité, la majorité sont des médecins ou des kinésithérapeutes qui ont obtenu un diplôme universitaire d’ostéopathie.
La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades (suivie du décret du 27 mars 2007) reconnaît le titre d’ostéopathe à des praticiens non médecins. Ces derniers doivent avoir bénéficié d’une formation de trois ans au minimum dans une école agréée. Par ailleurs, ils doivent être inscrits sur une liste dressée par le représentant de l’Etat dans le département où ils exercent.
Pour un néophyte, les deux professions se ressemblent : chiropracticiens et ostéopathes manipulent tous les deux la colonne vertébrale. Mais les techniques employées sont différentes.
L’ostéopathe utilise les techniques de mobilisation et la manipulation (mouvements amples, doux et progressifs sur les tissus lésés), tandis que le chiropraticien procède par ajustements. L’ajustement consiste en un geste très rapide et de faible amplitude visant à rétablir la mobilité des articulations bloquées. Le chiropraticien fait « craquer » les articulations de ses patients ; l’ostéopathe, rarement.
Peu développée en France, la chiropractie est en revanche très répandue aux Etats-Unis, où le nombre de praticiens dépasse largement celui des
ostéopathes.
A lire aussi : « Restituer à chacun son potentiel initial, entamé par la vie et le stress » et Une clinique associative
[05.05.09]
Anne-Marie Thomazeau
Notre conseil
Tous les bons ostéopathes vous le diront : l’ostéopathie donne des résultats rapidement. Si, au bout de deux ou trois séances, vous n’êtes pas toujours soulagé, inutile de continuer. Ou changez de praticien !
Adresse utile
Association des médecins ostéopathes de France, site Internet : _ www.osteo.net
Témoignage
« J’ai un pincement au niveau des disques L4-L5 qui entraîne des douleurs et une sciatique. Ma généraliste m’a prescrit du Feldène et du Myolastan, que je prenais quand j’avais mal. Sur les conseils d’un collègue, je suis allée consulter un ostéopathe. Après m’avoir auscultée et avoir regardé mes radios, il a manipulé ma colonne vertébrale. J’ai eu un peu peur quand j’ai entendu mes vertèbres craquer. Il m’a dit de ne revenir le voir que si ça n’allait pas mieux. Je n’en ai pas eu besoin. Apparemment, ça m’a débloquée, puisque cela fait dix ans que je n’ai plus de sciatique. »
Jeanne, cinquante ans
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