mardi 22 mai 2012
Lors d’une conférence de presse, tenue le 17 septembre à son siège, la CGT a prôné la construction d’un rassemblement large, syndical et associatif « pour s’opposer au projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires » qui doit être présenté en Conseil des ministres le 8 octobre 2008, puis discuté au Parlement en décembre.
Ce projet de loi « instaure moins de service public, moins de démocratie en renforçant le pouvoir de l’Etat au détriment de la sécurité sociale » a résumé Nadine Prigent, secrétaire générale de la fédération santé action sociale.
La CGT n’est cependant pas pour le statut quo a-t-elle souligné. En effet, les besoins de santé, les risques sociaux ont changé depuis la création de la sécurité sociale il y a cinquante ans. Cependant, si le système de santé, de soins et de sécurité sociale doit évoluer, « il doit rester fidèle à ses valeurs de solidarité : chacun finance en fonction de ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins ».
Pour sa part, la CGT « propose de repenser le système de santé et de sécurité sociale pour le mettre au service d’une politique de santé qui conjugue le travail, la santé au travail, la santé publique » ce qui nécessite de valoriser le rôle de l’Etat et celui de la sécurité sociale et qui n’a de sens que s’il s’appuie sur la démocratie sociale ».
Autre question cruciale, celle du financement : pour la CGT, « la sécurité sociale ne souffre pas de trop de dépenses mais d’un manque de recettes. » La confédération propose depuis des années une réforme du financement mettant à contribution les revenus financiers, pénalisant les entreprises qui licencient, favorisant celles qui investissent dans l’emploi et l’outil de travail. Au contraire, la réorganisation des systèmes de santé et de sécurité sociale que propose le gouvernement vise elle à réaliser 5 milliards d’économies en 2009.
Au contraire, le projet de loi « hôpital patients santé territoires » annonce « des changements radicaux de conception, d’organisation et de pilotage des systèmes de santé et de sécurité sociale, du droit et de son financement ». Parmi les titres les plus préoccupants, a souligné Nadine Prigent, figurent ceux portant sur l’hôpital et la gouvernance : « ils mettent en place un hôpital calqué sur le modèle des entreprises capitalistiques avec un directeur patron à la tête d’un directoire dont il nomme tous les membres. »
Au final, « l’hôpital est réduit à un outil de production de soins » et l’on organise « le transfert massif des activités hospitalières publiques vers le privé et le médico social. » La création des agences régionales de santé donne les outils juridiques et politiques pour fermer, concentrer, fusionner, les établissements.
Le même projet réduit les compétences de la sécurité sociale en confiant aux agences régionales de santé la gestion du risque, en préparant la disparition des caisses régionales de l’assurance maladie, des directions départementales et régionales d’aide sanitaire et sociale ( DDASS et DRASS), en séparant les compétences entre le sanitaire et le social, ce qui aboutit à « un grave recul pour la prise en charge globale des populations ».
Cette recomposition du système s’effectuerait grâce à la mise en place d’un exécutif fort permettant à l’Etat de s’assurer le pouvoir et l’autorité pour gérer le système au détriment de la sécurité sociale et de la démocratie : nomination du directeur des ARS en conseil des ministres , mise en place au niveau national d’un conseil stratégique présidé par les ministres concernés, comprenant des représentants de l’Etat et des organismes nationaux d’assurance maladie.
En transférant les missions du secteur sanitaire vers le secteur médico social, cette recomposition prépare un transfert de charges considérables vers les familles, les patients, les collectivités locales. Avec la fermeture des lits d’hospitalisation transférés dans les nouvelles structures des Epad , c’est le secteur de la dépendance qui est ainsi transféré vers le médico-social où s’investit le privé. En même temps, dénonce la CGT, « la pression augmente pour faire évoluer la prise en charge de la couverture sociale solidaire vers le transfert de pans entiers par les organismes complémentaires, la logique étant de dédouaner les entreprises et le patronat du financement des besoins sociaux à travers les cotisations sociales ».
Au final « la sécurité sociale assurerait uniquement le gros risque et le service public hospitalier serait recentré sur son coeur de métiers de soin . » Autant de projets que dénonce la CGT , raison pour laquelle elle entend placer l’enjeu santé dans les mobilisations à venir à commencer par celle du 7 octobre pour un travail et une vie décente. Première étape d’une démarche revendicative « conjuguant le travail, la santé au travail et la santé publique ».
Se donner comme objectif le bien être de l’individu dans son environnement familial, social et du travail.
Développer un service public et de santé, financé et régulé par les cotisations sociales, répondant aux attentes de la population, à l’écoute des professionnels, capable d’investir dans l’innovation. - - - - Organiser la région en territoires de santé avec une régulation nationale pour luter contre les inégalités, création de chambre territoriales de santé pilotées démocratiquement.
Pilotage démocratique du système qui doit reconnaître le rôle de l’Etat, garant de la politique de santé et aussi le rôle de la sécurité sociale.
Prise en charge globale du patient dans le cadre d’une organisation en réseaux et plusieurs niveaux de réponse : centres de santé, hôpitaux généraux, CHU, CHR, établissements de psychiatrie.
Régulation de l’installation des médecins libéraux sur le territoire en conditionnant leur conventionnement à l’installation dans une spécialité ou une zone géographique où existent des besoins.
Couverture médicale de haut niveau pour l’ensemble des dépenses de soins, suppression des dépassements d’honoraires.
Développement de la conception d’université de santé et reconnaissance de l’ensemble des formations dans le cursus universitaire, création d’un statut d’étudiant de la santé sous contrat.
[17.09.08]
Maïté Pinero
Dette, trou de la sécu, dépenses de santé incontrôlées, assurés profiteurs… autant de chiffons rouges agités par les politiques pour justifier une diminution croissante de la protection sociale. mais de nombreux experts le soulignent : il existe (...) [04.04.12] • Réagir
Ce que les Mutuelles de France attendent du nouveau PrésidentDès le lendemain du 2e tour de l’élection présidentielle, la Fédération des Mutuelles de France (Fmf) (...) [15.05.12]
Les hôpitaux face aux emprunts toxiquesIls sont nombreux, hôpitaux et collectivités territoriales, dont les finances, souvent fragiles, (...) [02.05.12]
Mobilisés pour la maternité de LesparreQuelques semaines seulement après sa création, le collectif citoyen contre la fermeture de la (...) [02.05.12]

La presse sociale en campagne contre l’illettrismeLe syndicat de la presse sociale (Sps) poursuit son engagement contre l’illettrisme et lance une (...) [18.04.12]

Les candidats à la présidentielle interrogés sur la santé par VivaA quelques jours du premier tour, la rédaction de Viva s’adresse aux principaux candidats et les (...) [12.04.12]

Agriculteurs : le lien entre pesticides et maladie de Parkinson dans les tableaux de maladie professionnelleUn décret, paru au Journal officiel du 6 mai 2012, reconnaît officiellement le lien entre (...) [09.05.12]

Sécu, déremboursement, complémentaire, dépendance : les candidats ont répondu à la FnmfLa Mutualité française publie sur son site les réponses de plusieurs candidats à la présidentielle (...) [19.04.12]

Sécurité sociale : 17,4 milliards de déficit en 2011Selon des résultats provisoires des ministères concernés (Santé, Budget et Solidarités), le déficit (...) [12.04.12]

François Hollande interrogé par le journal Viva« Ma première mesure sera d’engager le plafonnement des dépassements d’honoraires (...) Parmi mes (...) [12.04.12]

Nicolas Sarkozy interrogé par le journal Viva« Je souhaite lancer un chantier important pour désengorger les urgences hospitalières (...) et (...) [12.04.12]
Maladies chroniques : promouvoir les parcours de soins personnalisésLa Haute autorité de santé (HAS) se penche sur les maladies chroniques qui touchent plus de 15 (...) [15.05.12]
Accès aux soins : ce que la Mutualité française propose aux candidatsLa Mutualité française a adressé aux candidats à la présidentielle une vingtaine de propositions de (...) [13.04.12]
45 % des médecins parisiens pratiquent des dépassements d’honorairesLe monde.fr (10/04/2012) publie une enquête sur les dépassements d’honoraires dans dix grandes (...) [12.04.12]

Présidentielle : les propositions des candidats ne convainquent pas les Français87 % des Français estiment qu’il faut encadrer (52 %) ou interdire (35 %) les dépassements (...) [10.04.12]
La Cour suprême des Etats-Unis va-t-elle enterrer la loi sur l’assurance santé d’Obama ?La grande réforme sociale de Barack Obama est en danger. A quelques mois de l’élection (...) [03.04.12]