jeudi 9 février 2012
Paru le 21 juillet dans la revue Retraite et société, un rapport de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) dresse un bilan instructif de la réforme des retraites 2003, plus connue sous le nom de réforme Fillon.
Destinée à retarder l’âge de départ à la retraite et à améliorer l’emploi des seniors, elle a échoué, jusquà présent, sur les deux points. La Cnav relève un « constat en demi teinte » sur l’emploi des seniors, « un échec relatif de la surcôte » et « des effets limités et éphémères » du minimum contributif nouvelle formule.
En effet, l’âge moyen de départ n’a pas augmenté. Il a même baissé en passant de 61,4 ans en 2003 à 60,7 ans en 2006. Quant au taux d’emploi des 55-64 ans, il n’atteint aujourd’hui que 38,1 % alors que l’objectif avait été fixé à 50 % à l’horizon 2010.
En cause « le manque de volonté des entreprises de conserver leurs travailleurs plus âgés », « une information insuffisante » ou « une valeur de la préférence pour le loisir » sous-évaluée. L’étude souligne que les dispositifs incitatifs tels que la surcôte n’ont pas obtenu le succès escompté. Ce supplément de pension dont bénéficient ceux qui continuent à travailler tout en ayant le nombre de trimestre suffisants pour prétendre à une pension pleine, n’a convaincu que 7,6 % des assurés, guère plus que les 7 % qui continuaient à choisir de travailler avant la réforme mais sans gain supplémentaire.
Retraite progressive (758 000 bénéficiaires en juin 2007 contre 673 000 fin 2003) ou cumul emploi-retraite n’ont pas convaincu davantage. Par contre, les assurés ont plébiscité le rachat des années d’étude et la possibilité d’une retraite anticipée pour les longues carrières.
Si les différents plans gouvernementaux ont jusqu’ici échoué à différer l’âge de départ en retraite, ils ont par contre réussi à bien raboter le pouvoir d’achat des retraités.
L’étude de la Cnav évalue à une économie de 10 % sur la masse des pensions, l’effet de la réforme Balladur de 1993. Celle ci avait fixé à 40 ans (au lieu de 37,5) la durée de cotisation dans le privé tout en modifiant la fixation des pensions calculées sur les 25 (au lieu des 10) meilleures années de salaire (salaire actualisé en fonction de l’inflation et non plus de l’évolution du salaire moyen). La baisse moyenne est de 5 % pour les femmes, de 7 % pour les hommes.
[25.07.08]
Maïté Pinero
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