Santé / L’hôpital peine à sortir de ses murs

La Croix-Rouge au chevet des patients

Dans la Marne, l’hospitalisation à domicile est prise en charge par la Croix-Rouge départementale, qui gère 25 lits dans l’agglomération de Reims.

Composée d’un médecin coordonnateur, de six infirmières, six aides-soignantes, une assistante sociale et une psychologue, depuis 1976, l’équipe de l’Had soigne les Rémois à domicile. « Pour 2002, nous avons un taux de remplissage de 90 %, explique Nathalie Escola, responsable des activités de soins à la Croix-Rouge de la Marne. Un tiers pour la médecine interne, un tiers pour les cancers et les soins palliatifs et le dernier tiers pour les soins post-chirurgicaux. »
L’admission en Had se fait sur prescription du médecin de l’hôpital ou du médecin de ville, avec l’accord du patient et de sa famille, du service d’Had et du médecin-conseil de la caisse d’assurance. « Cela permet de vérifier que toutes les conditions médicales et sociales sont bien réunies. Pas question de laisser une grand-mère seule chez elle... » précise René Nivelet, médecin coordonnateur.

Un coût de journée inférieur à celui de l’hôpital
La durée moyenne d’une hospitalisation à domicile est de trente à quarante jours, mais elle peut être d’une journée comme de deux ans. « L’important est d’assurer la coordination des soins à raison de deux interventions par jour », explique le Dr Nivelet. Evidemment, un système de garde téléphonique est assuré vingt-quatre heures sur vingt-quatre à la Croix-Rouge.
« Tout est fait pour rassurer pleinement les patients, et puis l’environnement familial est très important pour le moral du malade », affirme Nathalie Escola. « A domicile, on n’est pas exposé aux infections nosocomiales, et le coût d’une journée d’Had est inférieur de 25 à 50 % à celui de l’hôpital », renchérit le Dr Nivelet. A domicile, on ne paie pas le forfait hospitalier, et la plupart des frais sont compris dans le prix de journée versé par la caisse d’assurance maladie à la Croix-Rouge : soins infirmiers et d’hygiène, service de garde, intervention de l’assistante sociale, traitement par le kiné, transport en brancard ou en Vsl (véhicule sanitaire léger) par l’ambulancier, fourniture du petit matériel (compresses, seringues...) et du matériel plus important (lit électrique, chaise roulante...). Ne restent à la charge du patient que les visites de son médecin et la pharmacie.
Malheureusement, le nombre de lits d’Had est bien trop faible pour satisfaire la demande. En Champagne-Ardenne, seuls Troyes, avec 12 lits, et Charleville-Mézières, avec 11 lits, viennent compléter les 25 lits de Reims. « Nous sommes dans une culture très hospitalocentriste, pas encore prête à sortir l’hôpital hors les murs, déplore René Nivelet. Il faut changer les mentalités.

 

-  [20.01.04]   Christophe Manquillet

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