mardi 22 mai 2012
“Les préoccupations vis-à-vis de la dégradation de l’environnement et des risques qu’elle fait peser tant sur la santé humaine et animale que sur la biodiversité ont atteint un niveau inégalé dans l’histoire humaine” constate le Bulletin épidémiologique hebdomadaire que l’Institut de veille sanitaire (Invs) consacre aux “Enjeux environnementaux pour la fertilité humaine”.
L’inquiétude d’une menace pouvant “compromettre la santé des individus mais aussi leur capacité à se reproduire, c’est-à-dire à perpétuer l’espèce” se développe, liée à la présence de plus en plus forte de substances chimiques dans notre environnement, notamment les perturbateurs endocriniens, ces substances étrangères à l’organisme susceptibles d’altérer les équilibres hormonaux. Ce sont par exemple, pour citer les plus connus, le bisphénol A, les phtalates, le parabène ou certains pesticides.
Les dizaines d’études publiées à travers le monde et citées dans ce Beh sont impressionnantes. Ainsi, le taux de couples n’arrivant pas à une grossesse au-delà d’un an sans contraception atteint 15 à 25 %, la concentration spermatique baisse, le nombre de malformations génitales augmentent notamment chez les petits garçons.
Deux articles de ce numéro thématique sont d’ailleurs consacrés à ces substances chimiques particulières et à leur mécanismes d’action. Le Beh s’intéresse enfin aux relations entre exposition professionnelle à des perturbateurs endocriniens, fertilité et troubles de l’appareil reproducteur.
Le Beh indique vouloir apporter avec cette publication “des informations qui permettent de construire des solutions appropriées, qui permettent le développement que nous souhaitons sans altérer nos fonctions de base, en particulier celle de procréer”.
Mais la conclusion de l’éditorial note que le soutien à la surveillance et la recherche “reste encore aujourd’hui circonstanciel et insuffisant compte tenu du besoin de connaissances nouvelles".
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