mardi 22 mai 2012
Déforestation, réchauffement climatique… les virus mutent. Voyages, transports… ils se propagent. Tous les spécialistes le disent : nous allons devoir faire face à de nouvelles épidémies.
Jusqu’en 1999, la fièvre à virus du Nil occidental, dont l’agent fut isolé en 1937 en Ouganda, n’était jamais entrée en Amérique. Mais il a suffi que le virus surgisse à New York cette année-là pour que, trois ans plus tard, une épidémie touche près de 10 000 personnes aux Etats-Unis et fasse plusieurs centaines de victimes.
On le sait : à cause du développement des transports, virus, bactéries, parasites et champignons circulent et se développent partout dans le monde. Ils tuent 18 millions de personnes chaque année. « Nous ne savons pas où et quand, mais, dans les prochaines décennies, il y aura de nouveaux drames », prédit le Dr Frédéric Saldmann*. Ce médecin, spécialiste de l’hygiène, recense, avec d’autres, les facteurs qui favorisent l’émergence des virus.
_
Par exemple, les déboisements massifs causés en Indonésie par les gigantesques incendies de 1999 ont chassé les chauves-souris, porteuses saines du virus Nipah, vers la Malaisie, où le virus a provoqué une épidémie d’encéphalites.
C’est le facteur climatique qui est à l’origine de la transmission du hantavirus Puumala à l’homme : les déjections des rongeurs infectés étaient recouvertes par la neige pendant de longs mois et ne pouvaient contaminer les promeneurs. La période d’enneigement est plus courte, et le virus s’est répandu jusqu’en France, dans l’Oise et dans les Ardennes, lors d’épidémies apparues en 2003.
Il va falloir s’adapter
Un micro-organisme – bénin chez l’animal – s’adapte, mute et devient virulent quand il affecte l’homme, déclenchant une épidémie : c’est un des scénarios auxquels il va falloir s’habituer. La grippe A en est un exemple : le virus A H1N1 est, en effet, une association de fragments de virus aviaire, porcin et humain.
Mais les épidémies ont plus ou moins d’impact. Le sida, apparu dans les années 1980, a provoqué 25 millions de morts en vingt-sept ans. Le terrifiant virus Ebola, responsable d’une fièvre hémorragique mortelle, découvert au Congo en 1976, est resté circonscrit à quelques pays d’Afrique. De fait, plus les épidémies sont « bruyantes », c’est-à-dire facilement décelables, plus elles sont faciles à combattre, même si leurs effets sont plus graves. Un virus silencieux peut désorganiser une société, obligée alors à prendre le maximum de précautions pour se protéger.
Devant le danger potentiel, réel ou imaginé, « il va peut-être falloir apprendre à se dire bonjour autrement qu’en se serrant la main », avance le Dr Saldmann.
Pour Claude Gilbert, responsable de l’axe « risques et crises collectifs » à la Maison des sciences de l’homme de Grenoble, à l’avenir, il faudra surtout « s’adapter aux crises longues et savoir survivre dans les situations fortement dégradées ».
En attendant de mieux savoir identifier les réservoirs de virus et de trouver, à la source, les bonnes parades.
Lire aussi :
Quand les bactéries font de la résistance
« On est dans une lutte permanente contre les virus »
[02.11.09]
Marianne Rolot
* Coauteur avec François Bricaire de les Nouvelles Épidémies, comment s’en protéger ? Flammarion, 13 euros.
Près d’un tiers des cancers pourraient être évités grâce à une meilleure alimentation. S’il n’existe pas d’aliments magiques qui mettraient totalement à l’abri de cette maladie, certains d’entre eux ont de réels effets protecteurs. Les livres sur (...) [02.01.12] • Réagir

La santé des jeunes se dégradeIl y a de quoi être inquiets. Un étudiant sur cinq juge que son état de santé s’est dégradé par (...) [22.05.12]

L’Organisation mondiale de la santé en grande difficulté financièreAlors que s’est ouverte, le 21 mai 2012, la 65e Assemblée mondiale de la santé à Genève, on (...) [22.05.12]

La Mutuelle des étudiants demande un accès aux soins pour tous« De nombreux étudiants doivent aujourd’hui choisir entre soigner une carie, consulter leur (...) [21.05.12]

Marisol Touraine, à la tête d’un grand ministère des Affaires socialesA cinquante-trois ans, la fille du sociologue Alain Touraine, diplômée de Normale sup, de (...) [21.05.12]

Les femmes se soucient de leur santéPrès des trois quarts des femmes (73 %) se disent préoccupées par leur santé, contre seulement 64 % (...) [16.05.12]