Le Comité d’éthique du Cnrs publie ses recommandations sur les nanotechnologies
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Deux jours avant la réunion d’un séminaire interministériel sur les enjeux et risques liés aux nanotechnologies et nanomatériaux, le Comité d’éthique du Cnrs (Centre national de la recherche scientifique) a publié un avis sur les enjeux éthiques de ces technologies qui manipulent l’infiniment petit.
« Les nanosciences par leur potentiel de découverte, les nanotechnologies du fait de leur convergence avec d’autres technologies - celles du vivant, de l’information, de la cognition - annoncent des développements dont les finalités doivent être examinées », note le comité d’éthique du Cnrs.
« Leurs impacts sociaux, potentiellement considérables, ne peuvent être ignorés ni des chercheurs engagés dans ces recherches, ni de l’organisme qui les promeut. »
Plaidant pour « un juste équilibre entre liberté de la recherche et responsabilité vis-à-vis de la société », le comité d’éthique formule huit recommandations dont l’objectif est de développer chez les chercheurs une sensibilité aux préoccupations éthiques et sociales, et d’encourager une réflexion sur les valeurs et les fins de la recherche.
Lire le texte intégral de l’avis :
www2.cnrs.fr/presse/
[17.10.06]
Le Comité d’éthique (Comets) est une instance consultative de 12 membres, chercheurs ou ingénieurs dans les disciplines les plus diverses, placée auprès du conseil d’administration du CNRS. Créé en 1994, il développe la réflexion sur les aspects éthiques suscités par la pratique de la recherche, formule des recommandations et sensibilise les personnels. Il est actuellement présidé par l’astrophysicien Pierre Léna.
Les 8 recommandations du Comité d’éthique
1. En vue d’une concertation, participer au rassemblement des parties intéressées par le développement d’un programme de recherche : industriels, associations de consommateurs, associations de malades, organisations non-gouvernementales, etc. Les avis de ces acteurs sont indispensables pour éclairer les instances décisionnelles sur les attentes du corps social. Le CNRS, parce qu’il comprend toutes les disciplines fondamentales et qu’il se préoccupe des applications, se doit de jouer un rôle moteur dans cette concertation.
2. Inclure la préoccupation envers l’éthique de la recherche, à plusieurs niveaux dans la carrière des chercheurs – formation initiale, évaluation, formulation des projets de recherche.
3. Réaliser pour les chercheurs des petits guides sur l’éthique, ou dossiers synthétisant dans un langage accessible les résultats des nombreuses études existantes.
4. Ouvrir des espaces éthiques dans les centres de recherches, qui soient des lieux de débat, où chercheurs, ingénieurs et techniciens s’exercent à la prise de parole et à l’échange, avec la participation de chercheurs en sciences humaines et sociales.
5. Stimuler l’intérêt des chercheurs en sciences humaines et sociales pour le domaine des nanosciences et nanotechnologies.
6a. Mettre en place des procédures pour le repérage et l’arbitrage des conflits d’intérêts dans les relations avec l’industrie ;
6b. Assurer la transparence des sources de financement et, si possible, des résultats dans les projets conjoints conduits entre le cnrs et l’industrie.
7. Concernant les relations avec le public :
présenter les bienfaits attendus des nanosciences et nanotechnologies sans occulter les méfaits possibles ;
mettre davantage l’accent sur les conséquences de ces recherches pour l’homme, sur les enjeux liés au choix des nanosciences comme priorités scientifiques ; et, si possible, ne pas se limiter aux enjeux économiques et industriels ;
oser prendre en considération les enjeux à très long terme, en aidant à identifier les fantasmes qu’ils peuvent susciter.
8. Mettre en place des instances de dialogue et/ou participer aux débats citoyens organisés à l’échelle locale, nationale, européenne et internationale.