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Médicaments

Le Distilbène a t-il engendré des troubles psy chez les enfants exposés ?

Brigitte Bègue

Prescrit aux femmes enceintes pour leur éviter une fausse couche jusqu'en 1977, date à laquelle il a été interdit en France, le Distilbène (Des) a causé de nombreux dégâts chez les enfants, surtout les filles, exposés in utero : malformations de l'utérus, stérilité, cancers gynécologiques...

Il pourrait aussi être responsable de troubles psychiatriques. C'est, en tous cas, ce que soutient l'association Hhorages (Halte aux hormones artificielles pour les grossesses), rassemblant plus de mille familles dont les enfants sont victimes de dépressions sévères, d'anxiété, de troubles du comportement alimentaire, de schizophrénie, etc. Une dizaine d'entre-elles ont déjà porté plainte.

“Tant que le débat scientifique n'aura pas atteint un niveau de preuves suffisant, il est évident que les démarches entreprises sur le plan judiciaire n'aboutiront pas, a rappelé leur avocat, Maitre Jean-Paul Teissonnière, lors de l'assemblée générale de l'association qui s'est tenue samedi 17 mars à Paris. Mais l'accumulation d'un certain nombre de présomptions fait que l'on est prêt d'atteindre ce seuil”.

“Un faisceau consistant d'arguments”

A l'association, 1 223 témoignages de mères ayant pris du Des pendant leur grossesse ont été enregistrés. Sur 1 676 enfants imprégnés dans le ventre de leur mère, 916 souffrent de troubles psychotiques, 448 ont, par ailleurs, des malformations génitales ou des maladies somatiques.

Dans le dossier ouvert au pôle de santé public du parquet de Paris sous la direction du juge Marie-Odile Bertella-Geoffroy, Jean-Paul Teissonnière note que « sans conclure à une relation directe et certaine de cause à effet » entre le distilbène et certains troubles d'ordre psychiatriques, il est fait état « d'un faisceau consistant d'arguments ».

Rien d'étonnant, apparemment, pour le Dr Oussama Kébir, psychiatre : « Le Distilbène appartient à la famille des perturbateurs endocriniens. Or, ces derniers sont capables de dérégler la machinerie qui régule les gènes à tous les niveaux, y compris celui du système nerveux central ».

31 familles vont participer à une étude

Pour tenter d'apporter une réponse scientifique à l'hypothèse d'un lien de causalité, le médecin a dirigé une étude dont les résultats interrogent. Dans une même famille, en comparant des frères exposés au Des et des frères non exposés, il relève que dans 80 % des cas, ceux qui ont été en contact avec la molécule in utero ont des troubles psychiatriques. A contrario, il n'y a pas de troubles chez les frères et sœurs non exposés.

Le Dr Kébir va maintenant aller plus loin en lançant une étude sur 31 familles afin de comparer leur épigénétique, à savoir les signaux qui témoignent d'un impact de l'environnement sur les gènes.

La recherche devrait démarrer en septembre 2012 sur environ 75 personnes. 450 000 « bornes informatives » seront analysées à partir de leur Adn. « Ce sera un argument crédible pour dire que l'exposition pendant la grossesse peut perturber d'une manière durable, voire massive, l'épigénome, affirme-t-il. C'est une piste car on sait que la régulation épigénétique est importante dans les troubles psychiatriques ». Résultats attendus à la fin de l'année 2012.

Le Distilbène pourrait aussi avoir un effet transgénérationnel. Au printemps 2011, une étude publiée et coordonnée par le Pr Charles Sultan, endocrinologue à Montpellier, a montré qu'il y avait 8 % d'hypospadias (malformation qui se manifeste par l'ouverture de l'urètre dans la face inférieure du pénis au lieu de son extrémité) chez les petits-fils des grands-mères traitées avec cette hormone de synthèse contre 0,2 % dans la population générale, soit 40 à 50 fois plus.

A lire :

Vos commentaires

N'oubliez pas de mentionner que le Distilbene a aussi provoqué la malformation gynécologique suivante
Absence de vagin
Certes les 'filles' touchées de cette façon là sont plus rares mais elles existent ! et il est important de ne pas les oublier en mentionnant les effets toxiques que le Distilbene a déclenché 'chez elles'.
Et à la question posée, je répondrais oui pour être touchée par une angoisse démesurée qui est difficile à vivre et à surmonter au quotidien.
Il y a encore bien des mystères ..sur ce poison qui se distille chez les victimes du Distilbene ...
'Cerise fille distilbene'

Bonjour à tous, voici mon témoignage, celui d'une soeur et mère de 48 ans
Mes parents ont eu des problèmes pour avoir des enfants, je suis née 9 ans après leur mariage... et mon frère 18 ans après leur mariage. Mes parents ont suivi toutes sortes de traitements médicamenteux.
Mon frère né en 1973, a des troubles psychiatriques depuis ses 18 ans (troubles schizophréniformes, syndrome de Diogène, sociophobie, alcoolisme.
Ma fille née en 1989, a des troubles psychiatriques (troubles schizophréniformes depuis 2003, diagnostiquée schizophrène paranoïde depuis 2010).
De plus mon frère et ma fille sont nés avec des organes génitaux malformés (testicules non descendus, hernies ovariennes) ma fille a également une dysplasie de la hanche qui a été diagnostiquée dans ses premiers mois de vie et soignée.
Tous deux sont des êtres intellectuellement brillants qui aujourd'hui refusent de prendre des traitements médicamenteux.
My parents have had problems to have children; I was born nine years after their marriage... and my brother 18 years after their marriage. My parents followed medical treatments for having children.
My brother was born in 1973, he has psychiatric disorders since he was 18 (schizophrenic-form disorders, Diogenes' syndrome, socio-phobia, alcoholism).
My daughter was born in 1989; she has psychiatric disorders (schizophrenic-form disorders since 2003, diagnosed paranoid schizophrenic since 2010)
My brother and my daughter were born with malformed genitals (undescended testes, ovarian hernias). In addition my daughter has hip dysplasia that was diagnosed in her first months of life.
Both are intellectually brilliant people who now refuse to take medication.

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