mardi 22 mai 2012
"Ce n’est pas la fin de l’histoire. Le moment est douloureux mais nous pouvons redresser la barre" a martelé Jean-Paul Benoit, vice-président des Mutuelles de France, lors de la conférence de presse que Sandra Allais-Camilleri, la présidente du Grand conseil de la mutualité ( Gcm) a tenue le 3 novembre dernier.
Entourée de Marc Becker, secrétaire général du Gcm, de Paul Sabatino, son directeur général, de Patrick Verdeau, directeur de la Clinique mutualiste Bonneveine, et du vice-président de la Fmf, Sandra Allais-Camilleri a exposé les dernières informations sur la situation du Grand Conseil.
Après avoir épuisé toutes les pistes de recherche de financement, et suite au refus des banques d’autoriser de nouveaux découverts, le Grand Conseil a dû se déclarer en cessation de paiement devant le tribunal.
"C’était le seul moyen de garantir les salaires et de préserver l’accès aux soins pour les populations", a indiqué la présidente.
L’audience du tribunal est fixée le 8 novembre prochain et il va s’agir de défendre un plan de redressement crédible qui permette le retour à un équilibre de gestion, tout en sauvegardant l’ensemble des emplois.
"L’alternative est simple : ou le Grand conseil se redresse, ou le tribunal prononce sa liquidation", a poursuivi la présidente en pointant les deux principales faiblesses de la structure : les activités hospitalières et la médecine générale, au sein des centres de santé, toutes deux structurellement déficitaires.
"La clinique de Bonneveine est effectivement en déficit, a confirmé Patrick Verdeau. Mais ce n’est pas une spécificité mutualiste : c’est l’activité hospitalière en général qui est en crise aujourd’hui ; tous les établissements rencontrent des difficultés, sauf que notre clinique est restée isolée, dans un contexte de rapprochement et de concentration. Il faut donc qu’elle s’adosse à d’autres structures pour sécuriser son activité et ses emplois. Nous travaillons donc à transférer ses activités hospitalières vers des partenaires qui partagent notre éthique. Des discussions sont en cours avec plusieurs établissement à but non lucratif".
Autre pierre d’achoppement : les centres de santé
Le Grand conseil a clairement réaffirmé sa volonté de maintenir les onze structures existantes. Pas de fermeture programmée donc, sauf que des changements s’imposent : "Aujourd’hui l’activité des médecins généralistes est insuffisante pour équilibrer les charges, a exposé la présidente. Il faut impérativement qu’ils acceptent d’augmenter le nombre de leurs consultations."
Il s’agirait donc que chacun d’entre eux réalise en moyenne quatre actes supplémentaires par jour afin d’équilibrer les comptes : "Il n’est pas question de dégager des profits mais simplement de couvrir les charges. Cet objectif ne porte pas atteinte à notre conception de la médecine sociale ; il permet aux praticiens de continuer à réaliser de la prévention et à être proche des patients", a pointé Jean-Paul Benoit.
Une fois retrouvé ce chemin de l’équilibre, il va s’agir de poursuivre le rôle de service public qu’assument les centres de santé en proposant une offre de soins de proximité, accessible à tous, avec la pratique du tiers payant et le respect des tarifs opposables.
A cet égard le rôle des collectivités locales a été abordé : communes, département, région ont été sollicités sur le niveau d’engagement qu’ils pourraient assumer. Le Conseil général des Bouches-du-Rhône s’est d’ores et déjà prononcé en faveur d’une aide à l’investissement qui pourrait concerner l’achat d’équipement numérique destiné à la réalisation de mammographies.
Le Conseil régional pour sa part, planche sur un projet de lancement de maisons régionales de santé, destinées à réduire la fracture sanitaire en Paca. Des appels à projet ont été lancés en ce sens. "Les centres de santé mutualistes peuvent constituer des candidats tout à fait intéressants : ils sont tout à fait éligibles puisqu’on y pratique de la prévention, de l’éducation à la santé", affirme Paul Sabatino.
"Nous sommes déterminés à nous battre et à construire davantage qu’un simple plan de redressement, a répété Jean-Paul Benoit. C’est un véritable programme de développement que nous ambitionnons. Mais pour cela, nous avons besoin du soutien des médecins généralistes des centres de santé. Dans la situation difficile qui est la nôtre aujourd’hui, chacun doit prendre ses responsabilités".
Enfin, dirigeants et élus du Grand conseil ont tenu à rendre hommage au personnel et à remercier les mutuelles de France, pour l’aide constante qu’elle leur a prodigué au fil des derniers mois.
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Françoise Essayan-Donadio
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