Social / Professions de la santé

Le malaise des généralistes

La multiplication des contraintes administratives éloigne les jeunes de la médecine générale libérale, dénoncent les syndicats.

Cabinets fermés et téléphones débranchés après 19  heures   : en mars, les médecins généralistes ont exprimé, à diverses reprises, leur mécontentement. Quatre syndicats (MG France, l’Union collégiale, l’Union généraliste et le Syndicat national des jeunes médecins généralistes) veulent, par ces actions, montrer l’exaspération de la profession. Au premier rang des revendications, il y a la demande d’une revalorisation du tarif de la consultation  : en 2007, l’engagement avait été pris de le porter à 23  euros, mais la promesse n’a toujours pas été respectée.

La volonté de l’assurance-maladie de taxer les feuilles de soins papier (à raison de 0,50  euro par feuille) a exacerbé la colère des médecins. La prescription sur feuilles de soins électroniques gagne peu à peu du terrain. Cela revient moins cher à l’assurance-maladie (qui fournit les imprimés papier), et le remboursement du patient est plus rapide.

Pénalisation financière

«  Nous sommes d’accord pour étendre la télétransmission, c’est un service rendu à la population, mais ce n’est pas toujours possible  », indiquent de nombreux médecins. Un papa vient en consultation chez son médecin traitant avec son enfant malade. Mais le gosse est inscrit sur la carte Vitale de la maman. Le médecin devra donc établir une feuille de soins papier. Un jeune praticien remplace un médecin parti en congé. Le patient a bien sa carte Vitale, mais le médecin, lui, n’a pas encore la carte professionnelle qui est indispensable pour pouvoir télétransmettre. Le remplaçant va donc faire une feuille de soins papier. Est-il légitime de pénaliser financièrement les médecins pour cela  ? «   Cette taxe est absurde, s’insurge un généraliste. Et vous croyez que cela va inciter les jeunes médecins à s’installer  ?  »

L’accès aux soins menacé

Ce qui inquiète le plus syndicats et médecins, c’est la multiplication des contraintes administratives, qui éloignent les jeunes de la médecine générale libérale. Cela va à l’encontre des ambitions affichées par le gouvernement de faire de la médecine générale la porte d’entrée dans le système de soins. «  On ne peut pas envisager la médecine d’avenir en tuant la médecine générale d’aujourd’hui  », insiste Claude Leicher, président de MG France, premier syndicat de généralistes. Avec, à terme, un risque sérieux   : l’aggravation des difficultés d’accès aux soins et l’explosion du système de soins solidaire.

 

-  [02.04.10]   Didier Berneau

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